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    Charles   BAUDELAIRE   Don juan aux enfers

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

    POEME D’hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

     

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     DON JUAN


    AUX ENFERS


    Quand Don Juan descendit vers l’onde souterraine

     

    Et lorsqu’il eut donné son obole a Charon.


    Un sombre mendiant, l’œil fier comme Antisthène,


    D’un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.


    Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,


    Des femmes se tordaient sous le noir firmament,


    Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,


    Derrière lui traînaient un long mugissement.


    Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,


    Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant


    Montrait à tous les morts errant sur les rivages


    Le fils audacieux qui railla son front blanc.


    Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,


    Près de l’époux perfide et qui fut son amant,


    Semblait lui réclamer un suprême sourire


    Où brillait la douceur de son premier serment.


    Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre


    Se tenait à la barre et coupait le flot noir;

     

    Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,

     

    Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

     

     

     



    diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

     

     


    J-G-R-C


     

     

     

     

     

     

     26-02-2012


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    Henri de  REGNIER   Si je vous dis ce soir

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     POEME D’hier

     

     

    REGNIER Henri de

     

     

     

    1864 – 1936

     

     

     
    SI JE VOUS DIS,


     CE SOIR.

     

     



     

     

    Si je vous dis, ce soir, en respirant ces roses
    Qui  ressemblent au sang que l’on répand pour lui:
    L’amour est la  dans l’ombre et son pied nu se pose
    Sur le rivage obscur du fleuve de la nuit.


    Si je vous dis : l’amour est ivre et taciturne
    Et son geste ambigu nous trompe, car souvent
    Il écrase une grappe au bord rougi de l’urne
    Dont il verse la cendre aux corbeilles du vent.


    Successif ouvrier de bonheur et de peine,
    Il ourdit tour à tour sur le meme fuseau
    Les deux fils alternés de l’une et l’autre laine
    Qu’il emmèle,débrouille et confond de nouveau.


    Prenez garde, l’amour est vain et n’est qu’une ombre,
    Qu’il soit nu de lumière ou soit drapé de nuit,
    Et redoutez sa vue étincelante ou sombre
    Lorsque sur le chemin vous passez près de lui.


    Fermez vos yeux prudents si vous croyez l’entendre
    Marchez sur l’herbe douce ou sur le sable amer,
    Pour écouter en vous gronder et se répandre
    Le bruit de la foret et le bruit de la mer.



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975



    J-G-R-C



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Henri de  REGNIER   Si je vous dis ce soir

     

     

     

     16-02-2012

     


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    PROVERBE DU MONDE  08/03/2016

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

     

     

    DORAT

     

     

     

    1734 - 1780

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J’AI DES MOEURS

     

     

     

     

     

    Oui, quoiqu’au siècle dix huitième,

    J’ai des mœurs, j’ose m’en vanter.

    Je sais chérir et respecter

    La femme de l’ami qui m’aime.

     

     

    Si sa fille a de la beauté,

    C’est une rose que j’envie ;

    Mais la rose est en sûreté

    Quand l’amitié me la confie.

     

     

    Apres quelques faibles soupirs,

    Je me fais une jouissance

    De sacrifier mes désirs ;

    Et ne veux pas que mes plaisirs

    Coûtent les pleurs de l’innocence.

     

     

    Mais il est des femmes de bien,

    Femmes, qui plus est, d’importance

    (Et, dieu merci, sans conséquence),

    Qui, pour peu qu’on ait un maintien,

    Vous traitent avec indulgence,

    Et vous dégagent du lien

    D’une gothique bienséance.

     

     

    De ces dames là, j’en conviens,

    J’use ou j’abuse en conscience

    Sans jamais me reprocher rien ;

    Le mari même m’en dispense.

     

     

    Je sais trop ce que l’on leur doit

    Pour me permettre un sot scrupule ;

    C’est une bague qui circule

    Et que chacun met à son doigt.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     13-02-2012


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    POÈME D’hier

     

     

     

    KAHN  Gustave

     

     

     

    1859 – 1936

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LIED

     

     

     

     

     

    Le bonheur vient comme son rodeur,

    On est morne, on laisse passer.

    On parle de l’ancien malheur,

    Et c’est fini de l’aube claire.

     

     

    Le malheur glisse de son repaire,

    On est enlacé près du foyer doux,

    On n’entend pas ses flous

    Et c’est fini de l’été clair

     

     

    Et puis plus rien ne vient jamais,

    On attend devant sa porte :

    Des indifférents entrent, sortent,

    Et c’est fini de la vie claire.

     

     

    Oh ! Belle ! Gardons nos mains unies,

    Tant d’êtres pleurent sur les genoux,

    Gardons une seule âme en nous,

    Notre joie claire.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

    Collection poèmes amoureux
    J-G-R-C

     

     

     

     

    01-03-2012

     


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    POEME D’hier

      

      

    BAUDELAIRE Charles

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA MORT

    DES AMANTS

     

     

     

     

     

     

    Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,

    Des divans profonds comme des tombeaux,

    Et d’étranges fleurs sur des étagères,

    Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

     

     

    Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,

    Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,

    Qui réfléchiront leurs doubles lumières

    Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

     

     

    Un soir fait de rose et de bleu mystique,

    Nous échangerons un éclair unique,

    Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;

     

     

    Et plus tard un ange, entr’ouvant les portes,

    Viendra ranimer, fidèle et joyeux,

    Les miroirs ternis et les flammes mortes.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     28-02-2012

     


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    POÈME D’hier

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

     

    1821 – 1867





     

     

     

     


    LA BEAUTE

     

     



    Je suis belle, o mortels ! comme un reve de pierre,
    Et mon sein, ou chacun s’est meurtri tour à tour,
    Est fait pour inspirer au poète un amour
    Eternel et muet ainsi que la matière.


    Je trone dans l’azur comme un sphinx incompris;
    JH’unis un cœur de neige a la blancheur des cygnes;
    Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
    Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.


    Les poètes, devant mes grandes attitudes,
    Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
    Consumeront leurs jours en d’austères études;


    Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
    De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
    Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!


    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

    J-G-R-C




     

     

    08-02-2012

     


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    POEME D’hier

     

    FRANCOIS VILLON 

     

    1431 - vers – 1480 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Chanson anonyme en faveur

    A la fin du xv ème  siècle

     

     

    L’AMOUR DE MOI

     

    SI EST ENCLOSE

     

     

    L’amour de moi si est enclose

    Dedans un joli jardinet

    Où croit la rose et le muguet

    Et aussi fait la passerose.

     

     

    Ce jardin est bel et plaisant :

    Il est garni de toutes fleurs :

    On y prend son ébattement

    Autant la nuit comme le jour.

     

     

    Hélas ! il n’est si douce chose

    Que ce doux rossignolet

    Qui chante au soir, au matinet :

    Quand il est las, il se repose

     

     

    Je la vis l’autre jour cueillir

    La violette en un vert pré :

    La plus belle qu’oncques ne vis,

    Et la plus plaisante a mon gré.

     

     

    Je la regardais une pose :

    Elle était blanche comme lait,

    Et douce comme un agnelet,

    Vermeillette comme une rose.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

      

    J G R C

     

      

     

     

     

     

    bonnesaintvalentin2 

     

     22-01-2012


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    POEME D’hier

     

    VOLTAIRE

     

    1694 – 1778




     

     

     



    LES DEUX    
    AMOURS

     

     

     

     

     

     

     

    Certain enfant   qu’avec crainte on caresse

    Et que l’on reconnaît à son malin souris,

    Court en tous lieux précédés par les Ris,

    Mais trop souvent suivi de la tristesse ;

    Dans les cœurs des humains il entre avec souplesse.

    Habite avec fierté, s’envole avec mépris.

    Il est un autre Amour, fils craintif de l’estime,

    Soumis dans ses chagrins,

     constant dans ses désirs,

    Que la vertu soutien, que la candeur anime,

    Qui résiste aux rigueurs et croit par les plaisirs.

    De cet Amour le flambeau pet paraître

    Moins éclatant, mais ses feux sont plus doux :

    Voila le dieu qui mon cœur veut pour maître,

    E je ne veux le servir que pour vous.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

    J G R C



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    21-01-2012


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    POÈME D’hier

     

     

    DORAT

     

     

    1734 - 1780

     

     

     

     

     

     

     

    LES BAISERS :

     

    LA FAUSSE PUDEUR

     

     

     

     

     

    Pourqui donc, matrones austères,

    Vous alarmez de mes accents ?

    Vous, jeunes filles trop sévères,

    Pourquoi redoutez vous mes chants ?

    Ai-je peint les enlèvements,

    Des passions les noirs orages

    Qui naissent aux cœurs des amants ?

    Le célèbre des jeux  paisibles,

    Qu’en vain on semble mépriser,

    Les vrais biens des âmes sensibles,

    Le doux mystère du baiser.

    Ma plume rapide et naive

    Ecrit ce qu’on sent en aimant :

    L’image n’est jamais lascive,

    Quand elle exprime en sentiment.

    Mais, quelle rougeur imprévue !

    Quoi ! Vos blâmez ces doux loisirs,

    Et n’osez reposer la vue

    Sur le tableau de nos plaisirs !...

     

    Profanes, que l’amour offense,

    Qu’effarouche la volupté,

    La pudeur a sa fausseté,

    Et le baiser son innocence.

    Ah ! Fuyez, fuyez loin de nous ;

    N’approchez point de ma maîtresse :

    Dans ses bras, Thaïs me presse.

    Et, par les transports les plus doux,

    Me communique son ivresse,

    Thais est plus chaste que vous.

    Ce zèle, ou votre cœur se livre,

    N’est que le masque du moment :

    Ce que vous fuyez dans un livre,

    Vous le cherchez dans un amant.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

    18-02-2012 

     


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    DORAT    LES  BAISERS:    L'ETINCELLE

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

     

     

    DORAT

     

     

     

    1734 - 1780

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES BAISERS :

     

    L’ETINCELLE

     

     

     

     

    Donne moi, ma belle maîtresse ;

    Donne moi, disais je, un baiser,

    Doux, amoureux, plein de tendresse…

    Tu n’osas me le refuser.

     

    Mais que mon bonheur fut rapide.

    Ta bouche à peine, souviens t’en,

    Eut effleuré ma bouche aride,

    Elle s’en détache à l’instant.

     

    Ainsi  s‘exhale une étincelle.

    Qui, plus que tantale agité,

    Je vois, comme une onde infidèle,

    Fuir le bien qui m’est présenté.

    Ton baiser m’échappe, cruelle !

    Le désir seul m’en est resté.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     20-01-2012

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    PROVERBE FRANÇAIS 26/01/2016

     

      


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