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    POÈME Hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     




     

     

     

     

     



    LA GÉANTE

     

     

     



    Du temps que la nature en sa verve puissante
    Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
    J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
    Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.


    J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
    Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
    Deviner si son cœur couvre une sombre flamme
    Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;


    Parcourir a loisir ses magnifiques formes ;
    Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
    Et parfois en été, quand les soleils malsains,


    Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
    Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
    Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975


    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

    Charles  BAUDELAIRE     La  géante      D   13/09/2018  R

     

     

    D  18-12-2016  *-*  17-04-2012


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  • POÈME D’hier









    VERLAINE









    1844 - 1896



    Colloque

     

    sentimental















    Dans le vieux parc solitaire et glacé

    Deux formes ont tout à l'heure passé.



    Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,

    Et l'on entend à peine leurs paroles.



    Dans le vieux parc solitaire et glacé

    Deux spectres ont évoqué le passé.



    - Te souvient il de notre extase ancienne?

    - Pourquoi voulez vous donc qu'il m'en souvienne?



    - Ton cœur bat il toujours à mon seul nom?

    Toujours vois tu mon âme en rêve – Non.



    Ah! Les beaux jours de bonheur indicible

    - Ou nous joignions nos bouches! - C'est possible.



    - Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir!

    - L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.



    Tels ils marchaient dans les avoines folles,

    Et la nuit seule entendit leurs paroles.







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-












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    * poème  D’hier

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES BIJOUX

     

     La très chère était nue, et, connaissant mon cœur,

    Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,

    Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur

    Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des mores.

     

    Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,

    Ce monde rayonnant de métal et de pierre

    Me ravit en extase, et j’aime à la fureur

    Les choses ou le son se mêle à la lumière.

     

    Elle était donc couchée et se laissait aimer,

    Et du haut du divan elle souriait d’aise

    A mon amour profond et doux comme la mer,

    Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

     

    Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,

    D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,

    Et la candeur unie à la lubricité

    Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

     

    Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,

    Polis comme de l’huile, onduleux comme un  cygne,

    Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins

    Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

     

    S’avançaient, plus câlins que les anges du mal,

    Pour troubler le repos où mon âme était mise,

    Et pour le déranger du rocher de cristal

    Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

     

    Je croyais voir unis par un nouveau dessin

    Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,

    Tant sa taille faisait ressortir son bassin.

    Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !

     

    Et la lampe s’étant résignée mourir,

    Comme le foyer seul illuminait la chambre,

    Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,

    Il inondait de sang cette peau de couleur d’ambre !

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

    J-G-R-C

     

     

     

    D  17-06-2016


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  • POÈME D’hier





    Emile

     

    VERHAEREN

     



    1855 – 1916













    LORSQUE TU



    FERMERAS



    MES YEUX















    Lorsque tu fermeras mes yeux à la lumière,

    Baise les longuement, car ils t'auront donné

    Tout ce qui peut tenir d'amour passionné

    Dans le dernier regard de leur ferveur dernière.







    Sous l'immobile éclat du funèbre flambeau,

    Penche vers leur adieu ton triste et beau visage

    Pour que s'imprime et dure en eux la seule image

    Qu'ils garderont dans le tombeau.





    Et que je sente, avant que le cercueil se cloue,

    Sur le lit pur et blanc se rejoindre nos mains

    Et que près de mon front sur les pales coussins,

    Une suprême fois se repose ta joue.





    Et qu'après je m'en aille au loin avec mon cœur

    Qui te conservera une flamme si forte

    Que même à travers la terre compacte et morte

    Les autres morts en sentirons l'ardeur!.







    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-



























     




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    POÈME D’hier

     

     

    Pierre de

     

    RONSARD

     

     

    1524  -  1585

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    TOUCHE DE MAIN

     

    MIGNONNE…

     

     

     

     

     

    Touche de main, mignonne frétillarde,

    Sur l’instrument le plus doux en amour,

    Qui peut chasser le desplaisir toujours

    Par un accord d’une façon gaillarde.

     

    Et en usant d’une prise gaillarde,

    Pince très doux mainte corde à l’entour,

    En l’animant de quelque gentil tour,

    Par la vertu de la voix babillarde.

     

    Assez, assez pour avoir du plaisir,

    Pour commencer me tente le désir ;

    Tiens la mesure, ou sur mon cul fredonne.

     

    Les doux accents des accords de là bas ;

    Ce temps pendant, du pouvoir que me donne

    Le long repos, je fourniray tout bas.

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     


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    POÈME D’HIER


     

     

    Olivier de  MAGNY

     

     

     

    1528 - 1577

     

     

     

     

     



     

     

    QUAND JE SUIS

     

    QUELQUEFOIS …

     



     

    Quand je suis quelquefois assis dans le giron,

    Ou couché dans les bras de ma belle maîtresse,

    Et qu’un plaisant sommeil paupières me presse,

    Transportant mon esprit aux rives d’Achéron,

     

    Si quelque importun chien aboie à l’environ,

    Et qu’à ses abois le sommeil me délaisse,

    Lors de mille baisers la belle je caresse,

    A quelque chose aussi quelque malheur est bon.

     

    Je perds le doux sommeil par le chien qui aboie,

    Mais par le chien aussi se redouble ma joie,

    Car dès que le sommeil s’envole de mes yeux,

     

    Je baise tant et tant, et rebaise la belle,

    Que non que le sommeil mais le nectar des Dieux,

    N’égalent les douceurs que je prend avec elle.

     

     

     



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975




     

    J-G-R-C-



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • POÈME D’hier









    Paul ELUARD





    1898 - 1952

































    ELLE SE REFUSE





    à





    COMPRENDRE

























    Elle se refuse toujours à comprendre, à entendre,



     

    Elle rit pour cacher sa terreur d'elle meme.



     

    Elle a toujours marché sous les arches des nuits.



     

     

     

     



    Et partout où elle est passé





    Elle a laissé





    L'empreinte des choses brisées.

























    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975









     




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