• POÈME D’hier









    Paul ELUARD





    1898 - 1952

































    LE COEUR





    sur





    L'ARBRE

























    Le cœur sur l'arbre vous n'aviez qu'à le cueillir,



    Sourire et rire, rire et douceur d'outre sens.



    Vaincu, vainqueur et lumineux, pur comme un ange.

     

     

    Haut vers le ciel, avec les arbres.









    Au loin, geint une belle qui voudrait lutter



    Et qui ne peut , couchée au pied de la colline.



    Et tque le ciel soit misérable ou transparent



    O n peut la voir sans l'aimer.









    Les jours comme des doigts repliant leurs phalanges.



    Les fleurs sont déssèchées, les graines sont perdues,



    Ela canicule attend les grandes gelées blanches.









    A l'oeil du pauvre mort. Peindre des porcelaines.



    Une musique , bras blanc tout nus.



    Les vents et les oiseaux s'unissent -le ciel change.























    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-



























     




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  • POÈME D’hier











    Guy de TOURS









    XVIIe siècle























    VENTRE POUPIN













    Si le parfait consiste en chose ronde,



    Comme il est vray, petit ventre refait,



    Ventre poupin, tu es du tout parfait,



    Car rien plus rond ne se trouve en ce monde.









    Ceste beauté qui s'engendre de l'onde,



    Puis engendra cet enfant qui me fait



    Tant lamenter, ne l'avoir si bien fait.



    Passant la mer dans une coquille blonde.









    Tu es tout doux, tout gras, tout rebondi,



    Tout potelé, tout beau, tout arrondi,



    Tout blanc, tout net, tout gentil et tout leste!









    Mais si tu veux encore être plus rond,



    J'ai des outils, ventre, qui te feront



    Beaucoup plus rond que la rondeur céleste.



























    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-



















     




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    POÈME D’hier









    Paul ELUARD





    1898 - 1952

































    TA BOUCHE

     

     

     

    AUX

     

     

     LEVRES D'OR



















    Ta bouche aux lèvres d'or n'est pas en moi pour rire



    Et tes mots d'auréole ont un sens si parfait



    Que dans mes nuits d'années, de jeunesse et de mort



    J'entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde.









    Dans cette aube de soie où végète le froid



    La luxure en péril regrette le sommeil,



    Dans les mains du soleil tous les corps qui s'éveillent



    Grelottent à l'idée de retrouver leur cœur.







    Souvenirs de bois verts, brouillard où je m'enfonce



    J'ai refermé les yeux sur moi, je suis à toi,



    Toute ma vie t'écoute et je ne peux détruire



    Les terribles loisirs que ton amour me créer.























    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-



















     

     

     

    PAUL  ELUARD:  Ta bouche aux lèvres d'or            D    26/04/2018

     

     

    PAUL  ELUARD:  Ta bouche aux lèvres d'or            D    26/04/2018

     

     


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    Jean   MOREAS    Comte  d'amour       D    13/04/2018

     

     



















    POÈME D’hier









    Jean MOREAS





    1856 - 1910

























    COMTE



     

     

    D'AMOUR

















    Je veux un amour plein de sanglots et

     

    de pleurs.





    Un amour au front pale orné d'une

     

    couronne





    Qe roses dans la pluie a terni les

     

    couleurs.





    Je veux un amour plein de sanglots et

     

    de pleurs.









    Je veux un amour triste ainsi qu'un

     

    ciel d'automne,





    Un amour qui serait comme un bois

     

    planté d'ifs

     

     

    Où dans la nuit le cor mélancolique

     

    sonne;





    Je veux un amour triste ainsi qu'un

     

    ciel d'automne





    Fait de remords très lents et de

     

    baisers furtifs.









    Ce jour là, les flots susurreront plus

     

    bleus



    Le long des cotes blanches,



    Et du soleil frileux les rayons plus

     

    frileux





    Se joueront dans les branches.









    Malgré le rude hiver, les fleurs de

     

    l'églantier





    Sourirons grand'' ouvertes





    Et l'on verra changer les cailloux du

     

    sentier



     

    En émeraudes vertes.









    Les loups pour les agneaux auront des

     

    soins exquis,





    Et, sous l’œil bon des aigles,





    Les grands vautours feront la cour, en

     

    fins marquis,

     

     

     

    Aux colombes espiègles.

     







    Les dames aux propos galants des séducteurs,





    Ne seront pas rebelles,





    Et les almavivas, malgré les vieux

     

    tuteurs,





    Enlèverons leurs belles.









    Car, ce jour là, jour saint,



    vaillamment attendu,





    Dans tes chastes prunelles





    Mes yeux retrouveront le paradis

     

    perdu





    Des amours éternelles.









    Car ce jour là,les cœurs par le bonheur

     

    brisés,





    Mes lèvres dans les tiennes,





    Nous nous rappellerons en de

     

    nouveaux baisers





    Nos caresses anciennes.

























    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-














     




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    POÈME D’hier 

     

     

    SAMAIN  Albert 

     

     

    1749 - 1791 

     

     

     

     

     

     

     

    TON  SOUVENIR

     

     

     

     

    Ton souvenir est comme un livre bien aimé,

    Qu’on lit sans cesse, et qui jamais n’est refermé,

    Un livre où l’on vit mieux sa vie, et qui vous hante

    D’un rêve nostalgique, ou l’âme se tourmente.

     

    Je voudrais, convoitant l’impossible en mes vœux,

    Enfermer dans un vers l’odeur de tes cheveux,

    Ciseler avec l’art patient des orfèvres

    Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;

     

    Emprisonner ce trouble et ces ondes d’émoi

    Qu’en tombant de ton âme, un mot propage en moi :

    Dire quelle mer chante en vagues d’élégie

    Au golfe de tes seins où je me réfugie ;

     

    Dire, oh surtout ! Tes yeux doux et  tièdes parfois

    Comme une après midi d’automne dans le bois ;

    De l’heure la plus chère enchâsser la relique,

     

    Et, sur le piano, tel soir mélancolique,

    Ressusciter l’écho presque religieux

    D’un ancien baiser attardé sur tes yeux.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval 

    1ér trimestre 1975 

     

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     


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  • POÈME D’hier













    Le doux entretien.





    1634























    UNE DAME





    SANS UN AMY...









    Une dame sans un amy,



    C'est un ruisseau sans planche,



    C'est un rossignol endormi



    Au plus d'une branche.









    C'est une rivière sans eau,



    C'est un moulin sans roue,



    C'est un trou madame fort beau,



    Où personne ne joue.









    C'est un aveugle sans bâton,



    Un boiteux sans béquille,



    C'est une fille sans téton,



    Un laquais sans mandille;









    C'est une tale de noyer



    Que point on ne rabotte,



    Ce sont des bottes d'écuyer



    Que jamais on ne frotte.









    Tout ainsi qu'un moulin sans blé,



    Un marché sans personne,



    C'est une serrure sans clef,



    C'est un luth qu'on ne sonne.









    C'est une lisette sans nom,



    Un soldat sans espée,



    C'est une bande de gascons



    Qu'on prend à la pipée.









    C'est un procureur affamé



    Qui n'a point de pratique,



    C'est un chasseur sans lévrier,



    Un chantre sans musique.









    C'est une gaine sans couteau,



    Un barbier sans lancette,



    Une quenouille sans fuseau



    Un suisse sans brayette.









    C'est un fusil dont le doux feu



    N'attend que l'allumette,



    C'est le conil, le petit lieu,



    Que point on ne furette.

     

     

     

     

    C'est un orfèvre sans émail,



    C'est un peitre sans vue,



    C'est un gendarme sans cheval,



    C'est un renard sans queue.









    C'est la volaille sans lardon,



    C'est le poisson sans sauce,



    C'est un mortier sans le pilon,



    Sans fesse un haut de chausse.









    C'est un navire qu'on ne voit



    Jamais partir de l'ancre,



    Un puit ou jamais l'eau ne croist,



    C'est un cornet sans encre.

     



















    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-




















     




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  •  

    Paul  ELUARD     l'égalité des sexes     D    27/03/2018









    POÈME D’hier



    Paul ELUARD





    1895 – 1952





















    L'égalité





    Des sexes









    Tes yeux sont revenus

     

    d'un pays arbitraire

     

     

    Où nul n'a jamais su

     

    ce que c'est qu'un regard

     

     

    Ni connu la beauté des yeux,

     

    beauté des pierres.

     

     

    Celles des gouttes d'eau,

     

    des perles en placard,

     

     

     

     

    Des pierres nues et sans squelette,

     

    o ma statue,

     

     

    Le soleil aveuglant

     

    te tient lieu de miroir

     

     

    Et s'il semble obéir

     

    aux puissances du soir

     

     

    C'est que ta tête est close,

     

    o statue abattue

     

     

     

     

    Par mon amour

     

    et par mes ruses de sauvage.

     

     

    Mon désir immobile

     

    est ton dernier soutien

     

     

    Et je t'emporte sans bataille,

     

    o mon image.

     

     

    Rompue à ma faiblesse

     

    et prise dans mes liens.

     

     

     

     







    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975






    J-G-R-C-















     

     

     

     

     

     VACANCES 2016 MARTINIQUE: 4/4 - 12/12 habit.  CLÉMENT LE  FRANCOIS  D  29/03/2018

     

     

     

     

     

     

     

     


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