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     ZOO de MARTINIQUE 2/5 - 12/15  LE CARBET  972      D  15/01/2018

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     




    POEME D’hier

     

     

    Christine de PISAN

     

     

    1364 – 1430


     

     


    BALLADE


    Seulette suis et seulette veux etre,
    Seulette m’a mon doux ami laissée,
    Seulette suis sans compagnon ni maitre,
    Seulette suis dolente et courroucée (1),
    Seulette suis en langueur mésaisée(2),
    Seulette suis plus que nulle égarée,
    Seulette suis sans ami demeurée.


    Seulette suis a huis ou à fenetre,
    Seulette suis en un anglet mucée (3),
    Seulette suis pour moi de pleurs repaitre,
    Seulette suis, dolente ou apaisée,
    Seulette suis, rien n’est qui tant me siée,
    Seulette suis en ma chambre enserrée,
    Seulette suis sans ami demeurée,


    Seulette suis partout et en tout estre.
    Seulette suis, que j’aille ou que je siée,
    Seulette suis plus qu’un autre rien terrestre,
    Seulette suis de chacun délaissée,
    Seulette suis durement abaissée,
    Seulette suis souvent tout épleurée,
    Seulette suis sans ami demeurée.


    Princes, or est ma douleur commencée:
    Seulette suis de tout deuil menacée,
    Seulette suis plus tainte que morée.
    Seulette suis sans ami demeurée.


    (1)  Chagrinée
    (2)  mal a l’aise
    (3) cachée
    (4)  plus sombre que brune 


    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

    J-G-R-C 

     

     

     

     

     

    17-09-2012


     

     


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  • POÈME D’hier







    BERTHELOT





    Début XVIIIe siècle

























    Je vous demande



    un don









    Je vous demande un don,



    mais là! Permettez moy,





    Que sans vous offenser



    je vous le puisse dire;





    Vous savez bien que c'est



    d'un amoureux martyre,





    Relevez moy de peur,



    alléger mon esmoy.

     

     

     

     

     

     

    C'est trop tarder, il faut



    que je parle une fois,





    Tant plus je tais mon mal,



    tant plus mon mal empire;





    Je vous demande donc



    ce qu'un amant désire,





    Et garde en demandant



    l'honneur que je vous dois.

     

     

     

     

     

     

    Mai quoy , ma douce vie,



    il me semble, à vous voir,





    Que votre esprit se masque



    et feint de ne sçavoir





    Ce que vous connaissez,



    mesme de votre enfance?

     

     

     

     

     

     

     Las! Si je vous le dis,



    vous vous offenserez,





    Mais si nous le faisons,



    je sçais que vous direz





    Qu'on ne vous fit jamais



    une plus douce offense.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-

















     

     

     


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    POEME D’hier

     

     

    MARGUERITE

     

    DE NAVARRE

     

     

    1492 – 1549

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA DISTINCTION

     

    DU VRAY AMOUR

     

     

     

     

    Amour qui est lui-même la douceur

     

    C’est blasphémer de cruel le nommer :

     

    Père n’y a, ami, frère ni sœur,

     

    Qui sans amour se peut tel renommer :

     

    Mais quand amour vient leur cœur allumer

     

    De son doux feu, rend les parents amis,

     

    Dont plusieurs ont leur vie et leur corps mis

     

    Pour louer amis remplis de cette amour

     

    Qui plus est, dieu par amour est soumis

     

    A tous humains faire un amoureux tour.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     17-03-2013  R


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    POÈME D’hier

     

     

     

    Madeleine de

     

    L’AUBESPINE

     

     

    1546 - 1596 

     

     

     

     




     

     

     

     

    SONNET

     

     

     

     

     

    L’on verra s’arrêter le mobile du monde,

    Les étoiles marcher parmi le firmament,

    Saturne infortuné luire bénignement,

    Jupiter commander dedans le creux de l’onde,

     

    L’on verra Mars paisible et la clarté féconde

    Du soleil s’obscurcir sans forcer le mouvement,

    Vénus sans amitié, Stilbon sans changement,

    Et la lune en carré changer sa forme ronde,

     

    Le feu sera pesant et légère la terre,

    L’eau sera chaude et sèche et dans l’air qui l’enserre,

    On verra les poissons voler et se nourrir,

     

    Plutôt que mon amour, a vous seul destinée,

    Se tourne en autre part, car pour vous je fus née,

    Je ne vis que pour vous, pour vous je veux mourir. 

     

     

     


    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

    J-G-R-C- 

     



     

     

     

     

     

     

     

     


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    POÈME D’HIER


     

     

    Marie de BRABANT

     

     

     

    1540 – 1610

     

     

     

     

     

     

     

     



     

     

     

     

     

     

    FILLE  DE

     

    PRINCE…

     

     

     

     

    Fille de prince excellente,

    Combien est nette la plante

    De tes pieds nets et polis

    Dans ta chaussure jolie !

     

    Quel est le joyau bien fait

    De main d’un ouvrier parfait,

    Plein de riches entaillures ?

    Tel est le tour façonné

    De tes cuisses rond tourné

    Avec tes belles jointures.

     

    Combien est une tasse ronde

    Qui toute en liqueur abonde

    Faite d’ouvrage subtil ?

    Tel est ton petit nombril.

     

    Et ton ventre proprement

    Semble un monceau de froment

    Duquel la plante est bordée

    De beaux lis resplendissants,

    Tout à l’entour blanchissants

    Et d’une odeur embaumée.

     

    Tes tétins sur ton corsage

    Son de la biche sauvage,

    Pareils aux petits gémeaux

    Tant ils sont polis et beaux…

     

     

     

     



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975




     

    J-G-R-C-



     

     

     

     

     

     

     

     

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    BONNE ANNEE 2018 : 3D 

     

     


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    Albert  SAMAIN   ERMIONE           D   23/12/2017

     

     

    POÈME D’hier

     

    Albert SAMAIN

     

    1858 – 1900

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ERMIONE

     

     

    Le ciel suave était jonché de pales roses…

    Tes yeux tendres au fond de ton large  chapeau

    Rêvaient : tu flottais toute aux plis d’un grand manteau                                      

    Et ton cœur, qu’inclinaient d’inexprimables choses,

     

    Le ciel suave était jonché de pales roses…

    Ne penchait sur mon cœur comme un iris sur l’eau.

     

     

    Le ciel suave était jonché de violettes…

    Avec je ne sais quoi dans l’âme de transi,

    Tu souriais,palotte, un sourire aminci ;

    Et ton visage frêle avait sous la violette,

     

    Le ciel suave était jonché de violettes…  

    Les tons pastellisés d'une Laurence adouci.

     

     

    Ce n’était rien ; c’était, dans le soir d’améthyste,

    Des mots, des frolis d’âme en longs regards croisés,

    De la douceur fondue en gouttes de baisers,

    Une étreinte de sœurs, une joie un peu triste,

     

    Ce n’était rien ; c’était, dans le soir d’améthyste,

    Un musical amour sur les sens apaisés.

     

     

    Tu marchais chaste dans la robe de ton âme,

    Que le désir suivait comme un fauve dompté.

    Je respirais parmi le soir, o pureté,

    Mon rêve enveloppé dans tes voiles de femme.

     

    Tu marchais chaste dans la robe de ton âme,

    Et je sentais mon cœur se dissoudre en bonté.

     

     

    Et quand je te quittais, j’emportai de cette heure,

    Du ciel et de tes yeux, de ta voix et du temps,

    Un mystère à traduire en mots inconsistants,

    Le charme d’un sourire indéfini qui pleure,

     

    Et, dans l’âme un écho d’automne qui demeure,

    Comme un sanglot de cor perdu sur les étangs.

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

    Albert  SAMAIN   ERMIONE           D   23/12/2017

     

    Cadeau  de  Mamie  TITINE

     


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    POEME D’hier

     

     

    Catherine des ROCHES

     

    1542 – 1587

     

     

     

     

     

     

     

     

    SONNET

     

     

     

     

     

    Bouche dont la douceur n’enchante doucement

    Par la douce faveur d’un honnête sourire,

    Bouche qui soupirant un amoureux martyre.

    Apaisez la douleur de mon cruel tourment !

     

    Bouche, de tous mes maux le seul allègrement,

    Bouche qui respirez un gracieux zéphyre :

    Qui les plus éloquents surpassez à bien dire

    A l’heure s’il vous plait de parler doctement ;

     

    Bouche pleine de lys, de perles et de roses,

    Bouche qui retenez toutes grâces encloses,

    Bouche qui recelez tant de petits amours.

     

    Par vos perfections, o bouche sans pareille,

    Je ne perds de douceur, de crainte et de merveille

    Dans vos ris, vos soupirs et vos sages discours.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C-

     

     

     

     

     

     

     

     


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