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    CITATIONS   21/01/2017 

     

     

     

     

     

    poème D'hier

     

     

    Charles BAUDELAIRE

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

    QUE DIRAS TU,

     

    Ce soir

     

     

     

    Que diras tu ce soir, pauvre ame solitaire,

    Que diras tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,

    A la très belle, à la très bonne, à la très chère.

    Dont le regard divint’a soudain refleuri ?

     

     

    Nous mettrons notre orgeuil à chanter ses louanges :

    Rien ne vaut la douceur de son autorité ;

    Sa chair spirituelle a le parfum des anges,

    Et son œil nous revêt d’un habit de clarté.

     

     

    Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,

    Que ce soit dans la rue et dans la multitude,

    Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

     

     

    Parfois il parle et dit : «  je suis belle, et j’ordonne

    Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le beau ;

    Je suis l’ange gardien, la muse et la madone. »

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

     

     06-12-2016


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    MARGUERITE DE NAVARRE/     DIXAIN       D   14/01/2017

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

     

     

     

    MARGUERITE

     

    DE NAVARRE

     

     

    1492 – 1549

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    DIXAIN

     

     

     

    J’ai longuement senti dedans dans mon cœur

     

    L’amour qu’à vous j’ai porté si très forte,

     

    Si très honnête et tant pleine d’honneur,

     

    Qu’oncques nul cœur n’en sentit de la sorte ;

     

    Mais maintenant qui tant me réconforte,

     

    Bien que je sens mon affection vive,

     

    La votre y est si grande et si naïve

     

    Que le sentir qui confère ma foi

     

    Me fait avoir l’élection craintive

     

    Si cette amour est à vous ou à moi.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     30-11-2016


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    *POÈME D’hier

     





     

     


     Christine de PISAN


     1364 – 1430 

     

     



     



     

     

    ma

     

    dOUCE AMOUR

     




    Ma douce amour, ma plaisante chérie

    Mon ami cher, tout ce que je puis aimer,

    Votre douceur m’a de tous maux guérie.

    En vérité, je vous peux proclamer

    Fontaine dont tout bien me vient

    Qui en paix comme en joie me soutient

    Et dont plaisirs m’arrivent à largesses ;

    Car vous tout seul me tenez en liesse.

     

     

     

    L’acre douleur qui  en moi s’est nourrie
    Si longuement d’avoir autant aimé,
    Votre bonté l’a pleinement tarie.
    Or je dois me plaindre ni blâmer
    Cette fortune qui devient
    Favorable, si telle se maintient ;
    Mise m’avez sur sa voie et adresse,
    Car vous tout seul me tenez en liesse.

    Ainsi l’amour, par toute seigneurie,
    A tel bonheur m’a voulu réclamer.
    Car dire puis, sans nulle flatterie,
    Qu’il n’est meilleur même en deçà des mers
    Que vous, m’amour, ainsi le tient
    Pour vrai mon cœur qui tout a vous se tient
    Et vers rien d’autre son penser ne dresse,
    Car vous tout seul me tenez en liesse.

     

     


     Diffusion François Beauval
    r trimestre 1975

     

      

     29-10-2015


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    POEME D’hier

     

     

    VOLTAIRE

     

     

     

     

    1694 – 1778


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    A MADAME

     

    DU CHATELET

     

     

     

     

     




    Si vous voulez que je vous aime,
     

    Rendez moi l’age des amours ;
     

    Au crépuscule de mes jours
     

    Rejoignez, s’il se peut, l’aurore.


    Des beaux lieux ou le dieu du vin
     

    Avec l’amour tient son empire,
     

    Le temps, qui me prends par la main,
     

    M’avertit que je me retire.


     

    De son inflexible rigueur
     

    Tirons au moins quelque avantage.
     

    Qui n’a pas l’esprit de son age,
     

    De son age a tout le malheur.


     

    Laissons à la belle jeunesse


    Ses folâtres emplacements :
     

     

    Nous ne vivons que deux moments;

     

     

    Qu’il en soit un pour la sagesse.


    Quoi ! pour toujours vous me fuyez.


    Tendresse, illusion, folie,


    Dons du ciel, qui me consoliez


    Des amertumes de la vie !


    On meurt deux fois, je le vois bien :


    Cesser d’aimer et d’être aimable,


    C’est une mort insupportable ;


    Cesser de vivre, ce n’est rien.


    Ainsi je déplorais la perte


    Des erreurs de mes premiers ans ;


    Et mon âme, aux désirs ouverte,


    Regrettait ses égarements.


    Du ciel alors daignant descendre,


    L’amitié vint à mon secours ;


    Elle était peut être aussi tendre,


    Mais moins vive que les amours.


    Touché de sa beauté nouvelle,


    Et sa lumière éclairée,


    Je la suivis ; mais je pleurai


    De ne pouvoir plus suivre qu’elle.

     

     

     

     

     



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

    J G R C

     

     

     

     



    18-03-2014


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    POÈME Hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     




     

     

     

     

     



    LA GÉANTE

     

     

     



    Du temps que la nature en sa verve puissante
    Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
    J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
    Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.


    J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
    Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
    Deviner si son cœur couvre une sombre flamme
    Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;


    Parcourir a loisir ses magnifiques formes ;
    Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
    Et parfois en été, quand les soleils malsains,


    Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
    Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
    Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975


    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

     

    17-04-2012


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    POÈME D’hier

     

     

    Hélène VACARESCO

     

     

    1866 – 1947

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’ECRITURE

     

     

     

     

     

    Dans la douce et fière nature

    Tout me charme, tout a du prix :

    Aussi j’aime ton écriture

    Autant que ce que tu m’écris.

     

     

    Elle est hautaine, elle est virile,

    Fine, élégante, et l’on croirait

    Qu’un peu de ta grâce fébrile

    Y mêle son furtif attrait.

     

     

    Rien qu’a la voir, mon cœur en elle

    Retrouve ce qu’il aime en toi,

    Et chaque lettre me rappelle

    Quelque intime et profond émoi.

     

     

    De tes pensées, de ton sourire,

    Ta plume prend le coloris ;

    Les mots les plus tristes à lire

    Me sont doux quand tu les écris.

     

     

    Un mot de toi me fait renaître,

    Et je pourrais sur mon chemin

    Croire au mot de bonheur, peut être,

    S’il était écrit de ta main.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     


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    Charles  BAUDELAIRE    Parfum exotique      D    30/11/2016

     

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

     

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    PARFUM

     

    EXOTIQUE

     

     

     

     

     

     

    Quand, les yeux fermés, en un soir chaud d’automne,

     

    Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,

     

    Je vois se dérouler des rivages heureux

     

    Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;

     

     

    Une île paresseuse ou la nature donne

     

    Des arbres singuliers et des fruits savoureux :

     

    Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,

     

    Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.

     

     

    Guide par ton odeur vers de charmants climats,

     

    Je vois un port rempli de voiles et de mats

     

    Encor tout fatigués par la vague marine.

     

     

    Pendant que le parfum des verts tamariniers,

     

    Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,

     

    Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

     

     

     

      

    Diffusion François Beauval

     

     

    Charles  BAUDELAIRE    Parfum exotique      D    30/11/2016

     

     

     1ér trimestre 1975

     

     

     J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     15-06-2012


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