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    POÈME D’hier

     

     

    CHAULIEU

     

    1639 - 1720

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    APOLOGIE

     

     DE

     

    L’INCONSTANCE

     

     

     

     

     

    Loin de la route ordinaire,

    Et du pays des Romans,

    Je chante, aux bords de Cythère,

    Les seuls volages amants ;

    Et viens, plein de confiance,

    Annoncer la vérité

    Des charmes de l’inconstance,

    Et de l’infidélité.

     

     

    Que servirait l’art de plaire,

    Sans le plaisir d’en changer ?

    Et que peut on dire et faire

    Toujours au même berger ?

    Pour les beautés infidelles

    Est fait le don de charmer ;

    Et ce ne fut que pour elles

    Qu’Ovide fit  « l’art d’aimer ».

     

     

    La beauté qui vous fait naître,

    Amour, passe en un moment ;

    Pourquoi voudriez vous être

    Moins sujet au changement ?

    C’est à l’éclat de la rose

    Vouloir la solidité,

    Et toujours même beauté

    Qu’au moment qu’elle est éclose.

     

     

    Aimons donc, changeons sans cesse ;

    Chaque jour nouveaux désirs :

    C’est assez que la tendresse

    Dure autant que les plaisirs.

    Dieux ! Ce soir qu’Iris est belle !

    Son cœur, dit elle est à moi ;

    Passons la nuit avec  elle,

    Mais comptons peu sur sa foi.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    D   17-01-2017  -  DR   25-09-2017  DR  11-01-2021

     


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    POÈME D’hier 

     

     

    SAMAIN  Albert 

     

     

    1749 - 1791 

     

     

     

     

     

     

     

    ÉLÉGIE

     

     

     

     

    Quand la nuit verse sa tristesse au firmament

    Et que, pale au balcon, de ton calme visage

    Le signe essentiel hors du temps se dégage,

    Ce qui t’adore en moi s’émeut profondément.

     

    C’est l’heure de pensée où s’allument les lampes.

    La ville ou peu à peu toute rumeur s’éteint,

    Déserte, se recule en un vague lointain

    Et prend cette douceur des anciennes estampes.

     

    Graves, nous nous  taisons. Un mot tombe parfois,

    Fragile pont ou l’âme à l’âme communique.

    Le ciel se décolore ; et c’est un charme unique

    Cette fuite du temps, il semble, entre nos doigts.

     

    Je resterai ainsi des heures, des années,

    Sans épuiser jamais la douceur de te sentir

    Ta tête aux lourds cheveux sur moi s’appesantir,

    Comme morte parmi les lumières fanées.

     

    C’est le lac endormi de l’heure à l’unisson ;

    La halte au bord du puits le repos dans les roses ;

    Et par de longs fils d’or nos cœurs liés aux choses

    Sous l’invisible archet vibrent d’un long frisson.

     

    Oh ! Garder à jamais l’heure élue entre toutes,

    Pour que son souvenir, comme un parfum séché,

    Quand nous serons plus tard las d’avoir trop marché,

    Console notre cœur, seul, le soir, sur les routes.

     

    Voici que les jardins de la nuit vont fleurir.

    Les lignes, les couleurs, les sons deviennent vagues.

    Vois, le dernier rayon agonise à tes bagues.

    Ma sœur, entends tu pas quelque chose mourir !…

     

    Mets sur mon front tes mains fraîches comme une eau pure,

    Mets sur mes yeux tes mains douces comme des fleurs ;

    Et que mon âme, où vit le goût secret des pleurs,

    Soit comme un lis fidèle et pale à ta ceinture.

     

    C’est la pitié qui pose ainsi son doigt sur nous ;

    Et tout ce que la terre a de soupirs qui montent,

    Il semble qu’à mon cœur enivré le racontent

    Tes yeux levés au ciel si tristes et si doux.

     

     

     

    Diffusion François Beauval 

    1ér trimestre 1975 

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Albert  SAMAIN   ÉLÉGIE           D    04/01//2021

     

     

    A compter du 4 janvier 2021

     

    mon blog n° 3 «56MELDIX77'

     

     

    http://56meldix77.eklablog.fr/

     

    POÈMES - RECETTES

     

     

    ne sera pas poursuivi

     

     

    des articles y seront

     

    ENCORE pendant une période

     

    en doublure avec mon blog N° 1

     

    «56MEDIX77 BRETON BRIARD»

     

     

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    PHOTOS DIVERS 

     

     

    Albert  SAMAIN   ÉLÉGIE           D    04/01//2021

     

      

    Albert  SAMAIN   ÉLÉGIE           D    04/01//2021

     

     

     

    Albert  SAMAIN   ÉLÉGIE           D    04/01//2021

     

     

     

     


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    POÈME D’hier

     

     

     

    Jean Antoine de

     

      BAIF

     

     

    1532 - 1589 

     

     




     

     

     

     

     

     

     


    SONNET

     

     

     

     



     

    O doux plaisir plein de doux pensement,

    Quand la douceur de la douce mêlée,

    Etreint et joint, l’âme en l’âme mêlée,

    Le corps au corps accouplé doucement.

     

    O douce vie ! O doux trépassement !

    Mon âme alors de grand joie troublée,

    De moi dans toi cherche d‘aller emblée,

    Puis haut, puis bas, quiert son ravissement.

     

    Quand nous ardants, Méline, d’amour forte,

    Moi d’être en toi, toi d’en toi tout me prendre,

    Par cela mien, qui dans entre plus,

     

    Tu la reçois, me laissant masse morte :

    Puis viens ta bouche dans ma bouche la rendre,

    Me ranimant tous mes membres perclus.

     

     

     

     


    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

    J-G-R-C- 

     



     

     

     

     


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    POÈME D’hier









    VERLAINE













    1844 - 1896









    QUATORZAIN





    POUR





    TOUTES









    R





    O femmes, je vous aime toutes, là, c'est dit!

    N'allez pas me taxer d'audace où d'imposture.

    Raffolant de la blonde douce et de la dure

    Brune et de la virginité bête un petit.







    Mais si gente et si prompte à se déniaiser,

    Comme aussi de l'alme maturité( que vicieuse

    Mais susceptible d'un grand cœur et si joyeuse

    D'un sourire et savourant, lente, un long baiser).







    Toutes, oui je vous aime, oui femmes, je vous aime:

    _Excepté si par trop laides ou vieilles, dam!

    Alors je vous vénère ou vous plains, je vais même.









    Jusqu’à me voir féru, parfois à mon grand dam,

    D'une inconnue un peu vulgaire, rencontrée

    Au coin... non point d'un bois sacré! qui m'est sucrée.





    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-













      

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    POÈME D’hier











    ;, ;, ;, ;, ;,





    ANONYME















    **** – ****





















    QUATRAIN







    Compo en  1775





















    Ne cherchons point un vain détour





    Pour excuser notre faiblesse :





    Le premier soupir de l'amour





    est le dernier de la sagesse,













    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975















    J-G-R-C-























     

     

     

     

     

    AVEC LA PHOTO

     

     

    NE FAIT PAS DE PAUSE

     

     

    ANONYME    Quatrain        D     22/12/2020

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    POÈME D’hier











    Marceline





    DESBORDES

     

    _





    VALMORE













    1786 – 1859





















    LA PROMENADE





    D'AUTOMNE





















    Je voulais, mais en vain, par un effort suprême,



    En me sauvant de toi me sauver moi même.



    Mon œil, voilé de pleurs, à la terre attaché,



    Par un charme invincible en fût comme arraché.







    A travers les brouillards, une image légère



    Fit palpiter mon sein de tendresse et d'effroi.



    Le soleil reparaît, l’environne, l'éclaire,



    Il entrouvre les cieux...Tu parus devant moi.







    Je n'osais te parler; interdite, rêveuse,



    Enchaînée et soumise à ce trouble enchanteur,



    Je n'osais te parler; pourtant j'étais heureuse;



    Je devinais l'amour, et j'entendis mon cœur.







    Mais quand ta main pressa ma main tremblante,



    Quand un frisson léger fit tressaillir mon corps,



    Quand mon front se couvrit d'une rougeur brûlante,



    Dieu! Qu'est ce donc que je sentis alors?







    J'oubliais de te fuir, j'oubliai de te craindre,



    Pour la première fois ta bouche osa se plaindre,



    Ma douleur, à la tienne osa se révéler,



    Et mon ame vers toi fut prête à s'exhaler.









    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975















    J-G-R-C-























     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    POÈME D’hier



















    PARNY









    1753 - 1813



     

     





     IL FAUT



     

     

    AIMER

     











    Vous qui de l'amoureuse ivresse

    Fuyez la loi

    Approchez vous, belle jeunesse,

    Écoutez moi.

    Votre cœur a beau se défendre

    De s'enflammer:

    Le moment vient, il faut se rendre

    Il faut aimer.









    Hier, au bois, ma chère Annette

    Prenais le frais;

    Elle chantait sur sa musette:

    N'aimons jamais:

    M'approchant alors par derrière,

    Sans me nommer

    Je dis: vous vous trompez, ma chère,

    Il faut aimer.









    En rougissant la pastourelle

    Me répondit:

    D'amour la flèche est trop cruelle,

    On me le l'a dit.

    A treize ans le cœur est trop tendre

    Pour s'enflammer:

    C'est à vingt ans qu'il faut attendre

    Pour mieux aimer.









    Lors je lui dis; la beauté passe

    Comme une fleur;

    Un souffle bien souvent, l'efface

    Dans sa fraîcheur;

    Rien ne peut, quand elle flétrie,

    Le ranimer:

    C'est quand on est jeune et jolie

    Qu'il faut aimer.









    Belle amie, si douce atteinte

    Cédez un peu;

    Cet amour, dont vous avez crainte,

    N'est rien qu'un jeu.

    Annette soupire et commence

    A s'alarmer;

    Mais ses yeux avaient dit d'avance:

    Il faut aimer.









    L'air était frais, l'instant propice.

    Le bois touffu,

    Annette fuit, le pied lui glisse,

    Tout est perdu.

    L'Amour, le couvrant de son aile,

    Sut l'animer:

    Hélas! Je vois trop, me dit elle,

    Qu'il faut aimer.

     







    Les oiseaux, témoins de l'affaire,

    Se baisaient mieux;

    L'onde plus tard qu'à l'ordinaire,

    Quittait ces lieux;

    Les roses s'empressaient d'éclore

    Pour embaumer,

    Et l'écho répétait encore:

    Il faut aimer.



















    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975

















     

    J-G-R-C-





     

     







     

     

     

     

      

     

     


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