• Chapelle  Sainte  ANNE  la  Palud  4/4  PLONEVEZ  PORZAY   29       D  16/03/2019









    POÈME D’hier





    Jean



    CAYROL









    0000 - 0000



    suite du 09/03/2019       2/2





    BREF AMOUR



























    - pas une nuit qui n'ait tremblé

    en toi -





    ton ombre

    pareille à un nœud

    que je ne peux défaire

    avec les mains

    avec les dents





    ton ombre pareille

    à une fin de journée

    sur la mer





    le reste de la nuit

    les jours qui suivirent

    et ce château solitaire

    au fond de notre amour





    comme je l'imagine bien

    quand tu es là

    le vieux coin de la rue

    t'est dévoué

    le jardin

    le ciel plus foncé dans tes bras

    Voici le premier mot

    comme de belles épaules

    qu'on découvre



    je serre ton silence

    dans mon silence

    je te vois plus malheureuse

    que ton chagrin

    plus pauvre

    que nue



    j'étais un enfant

    pour aimer

    j'étais un homme

    pour oublier

    j'étais un mort

    pour espérer



    lit ferme comme un pain

    je te sens nue sans te trouver

    je te sens vivre sans te parler

    je te sens rire sur mes lèvres



    pourquoi m'effraye de ton sommeil

    où je n'ai plus de temps

    à vivre



    hier c'était hier

    que je cherchais dans tes yeux

    aujourd'hui je te regarde

    je suis tranquille



    mais demain

    demain tout froissé

    ou tu poses ta tète



    qu'irais je lire

    dans un livre que tu as lu

    ses mots mouillés encore

    par tes lèvres

    ce livre clair

    quand tu fermes les yeux

    et la chair du silence

    tes lèvres.





    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-





    2/2







     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Chapelle  Sainte  ANNE  la  Palud  4/4  PLONEVEZ  PORZAY   29       D  16/03/2019

     

     

     

     

    Chapelle  Sainte  ANNE  la  Palud  4/4  PLONEVEZ  PORZAY   29       D  16/03/2019

     

     

     

     

     

     

     

     

     




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  • POÈME D’hier





    Jean



    CAYROL









    0000 - 0000



    1/2





    BREF AMOUR















    Comme la folle avoine une fleur

    sous la pluie

    comme le vent qui va refusant

    à un arbre

    comme la nuit qui tend ses bras

    sans y penser

    comme la mer qui brûle sa dernière vague

    au soleil





    tu n'es plus que celle

    dont je voyais le visage

    étincelant

    sous les poignards







    en toi est le poids de la pêche

    la rumeur des visages

    dans les raisins

    et l'odeur navrée du fruit

    qui pourrit





    tu n'as que toi

    au delà de toi même





    la terre parait frivole

    entre tes jambes.





    Baiser de nuit et fuyant

    ce n'est pas le moins tragique

    à l'aube







    on frappe à la porte





    avec toi

    on frappe toujours à la porte

    et dans tes cheveux

    c'est le silence le désert

    la solitude

    on frappe à la porte

    on a l'air de frapper

    à une porte





    c'était la même nuit

    que je trouvais en toi

    c'était toujours la même nuit

    plus pale qu'une boule de verre

    dans tes bains

    comme une jacinthe d'avril

    qui s'éteint





    c'était toujours la même nuit





    on ne sait plus que faire

    de cette nuit





    ne perdons pas de temps

    ce fruit

    répond de notre amour jeune



    et je te trouve pareille

    à ton ombre

    celle qui est toujours

    en plein soleil







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-





    1/2 SUITE  le 16/03/2019









    Jean  CAYROL        Bref  Amour  1/2         D    09/03/2019

     




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    ABBAYE &  SITE  RELIGIEUX:  1/4 - 1/10 ABBAYE de  FONTREVAUD  49        D   02/03/2019

     

     







    POÈME D’hier





    Alfred de



    MUSSET









    1810 - 1857









    A NINON

















    Si je vous le disais, pourtant, que je vous aime,

    Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

    L'' amour, vous le savez, cause une peine extrême ;

    C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous même ;

    Peut erre cependant que vous m'en puniriez.



     

    Si je vous le disais que six mois de silence

    Cachent de longs tourments et des vœux insensés ;

    Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance

    Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance ;

    Vous me répondriez peut être : je le sais.



     

    Si je vous le disais, qu'une douce folie

    A fait de moi votre ombre, et m'attache à vos pas ;

    Un petit air de doute et de mélancolie,

    Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie ;

    Peut être diriez vous que vous n'y croyez pas.





    Si je vous le disais, que j'emporte dans l’âme

    Jusques aux moindres mots de nos propos du soir ;

    Un regard offensé, vous le savez, madame,

    Change deux yeux d'azur en deux éclairs de flamme ;

    Vous me défendriez peut être de vous voir.





    Si je vous le disais, que chaque nuit je veille ;

    Que chaque jour je pleure et je prie à genoux :

    Ninon, quand vous riez vous savez qu'une abeille

    Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille,

    Si je vous le disais, peut être en ririez vous.



     

    Mais vous n'en sauriez rien; je viens , sans en rien dire.

    M'asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;

    Votre voix, je l'entends, votre air je le respire ;

    Et vous pouvez douter, deviner et sourire,

    Vos yeux ne verront pas de quoi m’être moins doux.





    Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :

    Le soir, derrière vous, j'écoute au piano

    Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,

    Et dans les tourbillons de nos valses joyeuses,

    Je vous sens dans mes bras plier comme un roseau.

     



    La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,

    Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,

    De mille souvenirs en jaloux je m'empare ;

    Et là, seule devant Dieu, plein d'une joie avare,

    J'ouvre comme un trésor mon cœur tout plein de vous.





    J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;

    J'aime, et rien ne le dit : j'aime, et seul je le sais ;

    Et mon secret m'est cher , et chère est ma souffrance,

    Mais non pas sans bonheur; je vous vois c'est assez.





    Non, je n'étais pas né pour ce bonheur suprême,

    De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds,

    Tout me le prouve, hélas! jusqu'à ma douleur même...

    Si je vous le disais, pourtant que je vous aime,

    Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez.







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-























     


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  • POÈME D’hier





    Émile



    VERHAEREN









    1855 - 1916

     

     



    POUR QUE RIEN



    DE NOUS DEUX...















    Pour que rien de nous deux n'échappe à notre étreinte,

    Si profonde qu’elle en est sainte

    Et qu'à travers le corps même, l’amour soit clair;

    Nous descendons ensemble au jardin de la chair.





    Tes seins sont là ainsi que tes offrandes,

    Et tes deux mains me sont tendues:

    Et rien ne vaut la naïve provende

    Des paroles dites et entendues.





    L'ombre des rameaux blancs voyage

    Parmi ta gorge et ton visage

    Et tes cheveux dénouent leur floraison,

    En guirlandes, sur les gazons.





    La nuit est toute d'argent bleu,

    La nuit est un beau lit silencieux,

    La nuit douce, dont les brises vont, une à une,

    Effeuiller les grands lys dardés au clair de lune.









    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-











     

     

     



     

    CHÂTEAU  D'USSE  37           D      25/02/2019  ----  8/8

     

     

     

     

     

     

    CHÂTEAU  D'USSE  37           D      25/02/2019  ----  8/8

     

     

     

     

     

     

     


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  • POÈME D’hier











    Hortense de





    VILLEDIEU





    1632 – 1683



























    JOUISSANCE





















    Aujourd'hui dans tes bras j'ai demeuré pâmée,





    Aujourd'hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur





    Triomphe impunément de toute ma pudeur

     



    Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.







    Ta flamme et ton respect m'ont enfin désarmée;

     

     

    Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur



     

    Et je ne connais plus de vertu ni d'honneur



     

    Puisque j'aime Tirsis et que j'en suis aimée.







    O vous faibles esprits, qui ne connaissez pas



     

    Les plaisirs les plus doux que l'on goûte ici bas,



     

    Apprenez les transports dont mon âme est ravie !



     

    Une douce langueur m’ôte le sentiment,



     

    Je meurs entre les bras de mon infidèle amant,



     

    Et c'est dans cette mort que je trouve la vie.



















    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-


















     




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    CHÂTEAU  D'USSE  37           D      12/02/2019  ----  4/8



     

     

     







    POÈME D’hier











    MOLIERE









    1622 - 1673



     

     

    STANCES





    GALANTES















    Souffrez qu'Amour cette nuit vous réveille;

    Par mes soupirs laissez vous enflammer;

    Vous dormez trop adorable merveille,

    Car c'est dormir que de ne point aimer.



    Ne craignez rien; dans l'amoureux empire

    Le mal n'est pas si grand que l'on le fait,

    Et lorsque l'on aime et que le cœur soupire,

    Son propre mal souvent le satisfait.



    Le mal d'aimer c'est de vouloir le taire:

    Pour l'éviter, parlez en ma faveur.

    Amour le veut, n'en faites point mystère.

    Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur!



    Peut on souffrir une plus douce peine?

    Peut on subir une plus douce loi?

    Qu'étant des cœurs la douce souveraine,

    Dessus le votre amour agisse en roi;



    Rendez vous donc, o divine Amarante!

    Soumettez vous aux volontés d'Amour,

    Aimez pendant que vous etes charmante,

    Car le temps passe et n'a point de retour.







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-











     

     

     



     

     

     


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  • POÈME D’hier















    ANONYME





    Chanson



    Du XVIII e siècle











    La belle



     est au jardin 



    d'amour



























    La belle est au jardin d'amour,

    Voilà un mois ou six semaines.

    Son père la cherche partout,

    Et son amant qu'est bien en peine:







    Faut demander à ce berger

    S'il l'a pas vue dedans la plaine:

     « Berger, berger, n'as tu point vu

    Passer ici la beauté même?







    - Comment donc est elle vêtue,

    Est ce de soie ou bien de laine?

    Elle est vêtue de satin blanc.

    Dont la doublure est de futaine:







    - Elle est là bas,dans ce vallon,

    Assise au bord d'une fontaine:

    Entre ses mains tient un oison,

    La belle lui confie ses peines.













    - Petit oison, tu es heureux,

    D’être entre les mains de la Belle!

    Et moi, qui suis amoureux,

    Je ne puis pas m'approcher d'elle.







    Faut il être auprès du ruisseau,

    Sans pouvoir boire à la fontaine?

    - Buvez, mon cher amant, buvez,

    Car cette eau là est souveraine.







    Faut il être auprès du rosier

    Sans pouvoir cueillir la rose?

    - Cueillissez la, si vous voulez,

    Car c'est pour vous qu'elle est éclose. »











    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-









     




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    POÈME D’hier







    Philippe

     

    DESPORTES









    1546 - 1606



    LES AMOURS

     

    DE DIANE















     

    Marchands, qui recherchez tout le rivage More

    Du froid septentrion et qui, sans reposer,

    A cent mille dangers vous allez exposer

    Pour un gain incertain, qui vos esprits dévore.



    Venez seulement voir la beauté que j'adore,

    Et par quelle richesse elle a su m'attiser:

    Et je suis sur qu'après vous ne pourrez priser

    Le plus rare trésor dont l'Afrique se dore.



    O vous qui, pleurant sur vos chaînes,

    Sans espoir servez sous ses lois,

    Pour attendrir vos inhumaines,

    Tachez de les conduire aux bois!



    Voyez les filets d'or de ce chef blondissant,

    L'éclat de ces rubis, ce corail rougissant,

    Ce cristal, cette ébène et ces grâces divines,



    Cet argent, cet ivoire; et ne vous contentez

    Qu'on ne vous montre encor mille autres raretés,

    Mille beaux diamants et mille perles fines.





    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-








     

     

     

     

    Philippe DESPORTES:     Les amours de Diane              D    25/01/2019

     

     

     


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    Eglise  Saint  REMI    4/4    CAMARET  29     D    19/01/2019

     

     

     

    Comtesse de NOAILLES:         Le baiser                   D    19/01/2019

     

     

     

     







    POÈME D’hier







    Comtesse de



    NOAILLES









    1876 - 1933

     

     



     

    LE BAISER















    Couple fervent et doux, o troupe printanière!

    Aimé au gré des jours.

    - Tout l'ombre, la chanson, le parfum,la lumière

    Noue et dénoue l'amour.



    Épuisez, cependant que vous êtes fidèles,

    La chaude déraison,

    Vous ne garderez pas vos amours éternelles

    Jusqu'à l'autre saison.



    Le vent qui vient mêler ou disjoindre les branches

    A de moins brusques bonds

    Qu le désir qui fait que des êtres se penchent

    L'un vers l'autre et s'en vont.



    Les frôlements légers des eaux et de la terre,

    Les blés qui vont mûrir,

    La douleur et la mort sont moins involontaires

    Que le choix du désir.



    Joyeux, dans les jardins ou l'été vert s'étale

    Vous passez en riant,

    Mais les doigts enlacés, ainsi que des pétales

    Iront se défeuillant.



    Les yeux sont dont les regards dansent comme une abeille

    Et tissent des rayons,

    Ne se transmettront plus, d'une ferveur pareille,

    Le miel et l'aiguillon,





    Les cœurs ne prendront plus, comme deux tourterelles,

    L'harmonieux essor,

    Vos âmes, âprement, vont s'apaiser entre elles,

    C'est l'amour et la mort...









    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-









     

     

     


     

    Le monde des coquillages de mer   1/4  26/29    LE DIAMANT MARTINIQUE       D    21/01/2019

     

     

     

     


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  • POÈME D’hier











    Marguerite de





    VALOIS











    [la reine MARGOT]











    1553 – 1615





















    STANCES





    AMOUREUX

















    Nos deux corps sont en toi, je ne sers plus que d'ombre;



    Nos amis sont à toi, je ne sers que de nombre.



    Las; puisque tu es tout et que je ne suis rien,



    Je n'ai rien, ne t'ayant ou j'ai tout au contraire.



    Avoir et tout et rien, comment se peut il faire?



    C'est que j'ai tous les maux et je n'ai point de bien.













    J'ai un ciel de désir, un monde de tristesse,



    Un univers de maux, mille feux de détresse,



    Un Etna de sanglots et une mer de pleurs.



    J'ai mille jours d'ennuis, mille nuits de disgrâce,



    Un printemps d'espérance et un hiver de glace;



    De soupirs un automne, un été de chaleurs.

     









    Clair soleil de mes yeux, si je n'ai ta lumière,



    Une aveugle nuée ennuite ma paupière,



    Une pluie de pleurs découle de mes yeux.



    Les clairs éclairs d'Amour, les éclats de sa foudre,



    Entre fendent mes nuits et m'écrasent en poudre:



    Quand j'entonne mes cris, lors j'étonne les cieux. 









     

    Belle âme de mon corps, bel esprit de mon âme,



    Flamme de mon esprit et chaleur de ma flamme,



    J'envie à tous les vifs, j'envie à tous les morts.



    Ma vie, si tu vis, ne peut être ravie,



    Vu que ta vie est plus la vie de ma vie,



    Que ma vie n'est pas la vie de mon corps!











    Je vis par et pour toi, ainsi que pour moi même:



    Je vis par et pour moi, ainsi que pour moi même:



    Nous n'aurons qu'une vie et n'aurons qu'un trépas.



    Je ne veux pas ta mort, je désire la mienne.



    Mais ma mort est ta mort et ma vie est la tienne:



    Ainsi je veux mourir, et je ne le veux pas!...













    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-























     



     

     

     

     




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