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    POÈME D’hier

      

     

    Clément MARROT

     

     

      

    1496 – 1544

     

     

     

     

     

     

     

    QU’AI-JE  MÉFAIT…

     

     

     

     

    Qu’ai-je méfait, dites ma chère amie ?

    Votre amour semble être tout endormie :

    Je n’ai de vous plus de lettres, ni langage :

    Je n’ai de vous un seul petit message,

    Plus ne nous vois  aux lieux accoutumés.

    Sont jà éteints vos désirs allumés,

    Qui avec moi d’un même feu ardaient ?

     

    Où sont ces yeux lesquels me regardaient

    Souvent en ris, avecques larmes ?

    Où sont les mots qui tant m’ont fait d’alarmes ?

     

    Où est la bouche aussi qui m’apaisait

    Quand tant de fois et si bien me baisait ?

    Où est le cœur qui irrévocablement

    M’avez donné ? Où est semblablement

    La blanche main, qui fort bien m’arrêtait

    Quand de partir de vous besoin m’était.

     

    Hélas, amants, hélas, se peut il faire,

    Qu’amour si grand se puisse ainsi défaire ?

    Je penserais plutôt que les ruisseaux

    Feraient aller encontre mont leurs eaux,

    Considérant que de fait, ni pensée

    Ne l’ai encor, que je sache, offensée.

     

    Donques, amour, qui couve sous tes ailes

    Journellement les cœurs des damoiselles,

    Ne laisse pas trop refroidir celui

    De celle là, pour qui j’ai tant d’ennui :

    Où trompe moi en me faisant entendre

    Qu’elle a le cœur bien ferme, et fut il tendre.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     18-04-2012


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    POÈME D’hier

     

    NIZET Marie

     

     

    1859 - 1922

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA BOUCHE

     

     

     

     

     

    Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues.

     

    Ni le rayon qui court sur son front de lumière,

     

    Ni sa beauté de jeune dieu qui la première

     

    Me tenta, ni ses yeux - ces deux caresses bleues ;

     

     

    Ni son cou ni ses bras, ni rien de ce qu’on touche,

     

    Ni rien de ce qu’on voit de lui ne vaut sa bouche

     

    Où l’on meurt de plaisir et qui s’acharne à mordre ;

     

     

    Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flammes,

     

    Fleur de volupté, de luxure et de désordre,

     

    Qui vous vide le cœur et vous boit jusqu’à l’ame…

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     14-02-2013


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    POÈME D’hier

     

     

    MARGUERITE

     

    DE NAVARRE

     

     

    1492 – 1549

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA DISTINCTION

     

    DU VRAY AMOUR

     

     

    Amour qui est lui-même la douceur

      

    C’est blasphémer de cruel le nommer :

      

    Père n’y a, ami, frère ni sœur,

      

    Qui sans amour se peut tel renommer :

      

    Mais quand amour vient leur cœur allumer

      

    De son doux feu, rend les parents amis,

      

    Dont plusieurs ont leur vie et leur corps mis

      

    Pour louer amis remplis de cette amour

      

    Qui plus est, dieu par amour est soumis

      

    A tous humains faire un amoureux tour.

      

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     


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    POÈME D’hier

     

     

    MARIE  ANNE de la

     

    FERANDIERE

     

     

    1736 – 1819

     

     

     

     

     

     

     

    ROMANCE

     

     

     

     

     

    L’un de ces jours mes moutons s’égarèrent

    Sur les coteaux avec ceux de Bastien,

    Nos deux troupeaux ensemble se mêlèrent :

    Chacun depuis n’a distingué le sien.

     

    Pour regagner le soir notre chaumière,

    Bastien et moi cherchions notre chemin :

    Ce fut en vain, las ! Nous eûmes beau faire,

    Aucun des deux ne put trouver le sien.

     

    Peur de tomber, nos bras nous enlaçâmes,

    Jusqu’au vallon ce fut notre soutien :

    Mais au moment ou nous les séparâmes

    Chacun eut peine à détacher le sien.

     

    Un beau bouquet, que j’avais fait la veille,

    Avait séché sur le cœur de Bastien :

    J’allai cueillir rose fraîche et vermeille

    Et je troquai mon bouquet pour le sien.

     

    Dans les bosquets, sur deux lits de verdure,

    Loin du hameau chacun se trouva bien :

    Mais au matin, ne sais quelle aventure

    Fit que chacun ne reconnut le sien.

     

    En m’éveillant il me prit fantaisie

    De demander à quoi rêvait Bastien :

    A bien aimer, dit il, toute ma vie :

    Mon rêve était le même que le sien.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     20-12-2016


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    CITATIONS   21/01/2017 

     

     

     

     

     

    poème D'hier

     

     

    Charles BAUDELAIRE

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

    QUE DIRAS TU,

     

    Ce soir

     

     

     

    Que diras tu ce soir, pauvre ame solitaire,

    Que diras tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,

    A la très belle, à la très bonne, à la très chère.

    Dont le regard divint’a soudain refleuri ?

     

     

    Nous mettrons notre orgeuil à chanter ses louanges :

    Rien ne vaut la douceur de son autorité ;

    Sa chair spirituelle a le parfum des anges,

    Et son œil nous revêt d’un habit de clarté.

     

     

    Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,

    Que ce soit dans la rue et dans la multitude,

    Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

     

     

    Parfois il parle et dit : «  je suis belle, et j’ordonne

    Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le beau ;

    Je suis l’ange gardien, la muse et la madone. »

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

     

     06-12-2016


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    MARGUERITE DE NAVARRE/     DIXAIN       D   14/01/2017

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

     

     

     

    MARGUERITE

     

    DE NAVARRE

     

     

    1492 – 1549

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    DIXAIN

     

     

     

    J’ai longuement senti dedans dans mon cœur

     

    L’amour qu’à vous j’ai porté si très forte,

     

    Si très honnête et tant pleine d’honneur,

     

    Qu’oncques nul cœur n’en sentit de la sorte ;

     

    Mais maintenant qui tant me réconforte,

     

    Bien que je sens mon affection vive,

     

    La votre y est si grande et si naïve

     

    Que le sentir qui confère ma foi

     

    Me fait avoir l’élection craintive

     

    Si cette amour est à vous ou à moi.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     30-11-2016


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    *POÈME D’hier

     





     

     


     Christine de PISAN


     1364 – 1430 

     

     



     



     

     

    ma

     

    dOUCE AMOUR

     




    Ma douce amour, ma plaisante chérie

    Mon ami cher, tout ce que je puis aimer,

    Votre douceur m’a de tous maux guérie.

    En vérité, je vous peux proclamer

    Fontaine dont tout bien me vient

    Qui en paix comme en joie me soutient

    Et dont plaisirs m’arrivent à largesses ;

    Car vous tout seul me tenez en liesse.

     

     

     

    L’acre douleur qui  en moi s’est nourrie
    Si longuement d’avoir autant aimé,
    Votre bonté l’a pleinement tarie.
    Or je dois me plaindre ni blâmer
    Cette fortune qui devient
    Favorable, si telle se maintient ;
    Mise m’avez sur sa voie et adresse,
    Car vous tout seul me tenez en liesse.

    Ainsi l’amour, par toute seigneurie,
    A tel bonheur m’a voulu réclamer.
    Car dire puis, sans nulle flatterie,
    Qu’il n’est meilleur même en deçà des mers
    Que vous, m’amour, ainsi le tient
    Pour vrai mon cœur qui tout a vous se tient
    Et vers rien d’autre son penser ne dresse,
    Car vous tout seul me tenez en liesse.

     

     


     Diffusion François Beauval
    r trimestre 1975

     

      

     29-10-2015


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