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    POÈME D’hier

     

     

    Comtesse

     

    De NOAILLES

     

     

    1876 - 1933 

     

     




     

     

     

     

     

     

     


    L’AMOUR

     

     

    NE LAISSE PAS…

     

     

     

     



     

    L’amour ne laisse pas que longtemps on l’oublie,

    Au front qui fut distrait il met un joug plus dur,

    Il gît au fond des corps comme au fond de l’azur,

    Ainsi qu’une suave et persistante lie.

     

    Quand dans les jours parfaits des étés somptueux

    On croit pouvoir sans lui connaître l’allégresse

    Il trouble notre joie ou bien notre paresse

    Par un doute rêveur, sagace et langoureux.

     

    Vous avais je oublié, avais je, folle et triste,

    Un instant échappé a vos constantes lois,

    Inexorable amour, avais je dit : j’existe,

    Je respire, je suis, je réfléchis, je vois, 

     

    Sans me sentir soumise à vos sublimes ordres ;

    Avais je décidé que j’étais libre enfin

    De détourner la joue où vous souhaitez mordre,

    Et de m’assouvir plus votre soif, votre faim ?

     

    -Et cependant, amour, dieu trompeur, dieu fidèle,

    Du distrait univers vous le seul protégé,

    C’est ma gloire, que nul ne pourra Déranger,

    D’avoir su déchiffrer tout ce qui vous révèle.

    D’avoir fixé mes yeux sur vos mains Éternelles,

    Et de n’avoir écrit que pour vous Prolonger…

     

     

     

     

     

     

     

     


    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

    J-G-R-C- 

     



     

     

     

     


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    POÈME D’hier

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES BIJOUX

     

     

     

     

    La très chère était nue, et, connaissait mon cœur,

    Elle n’avait gardé que c’est bijoux sonores,

    Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur

    Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des mores.

     

    Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,

    Ce monde rayonnant de métalet de pierre

    Me ravit en extase, et j’aime à la fureur

    Les choses où le son se mêle à la lumière.

     

    Elle était donc couchée et se laissait aimer

    Et du haut du divan elle souriait d’aise

    A mon amour profond et doux comme la mer,

    Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

     

    Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,

    D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,

    Et la candeur unie à la lubricité

    Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

     

    Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,

    Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,

    Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins

    Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne.

     

    S’avançaient, plus câlins que les anges du mal,

    Pour troubler le repos où mon âme était mise,

    Et pour la déranger du rocher de cristal

    Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

     

    Je croyais voir unis par un nouveau dessin

    Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe, 

    Tant sa taille faisait ressortir son bassin.

    Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !

     

    Et la lampe s’étant résignée à mourir,

    Comme le foyer seul illuminait la chambre,

    Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,

    Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

     

     

     

    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975




     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • POÈME D’hier



    Estienne DURAND





    1586 – 1618





















    Perrette

    estant dessus l'herbette









    Perrette estant dessus l'herbette

     

    Colin leva sa chemisette

     

    Et vid je ne sçay quoy de noir.

     

    «Ha! Dit il, douce Perrette,

     

    Je te pry , laisse moi tout voir!







    _ Si tu l'avais veu, j'en suis seure,

     

    Tu ferais cela tout à l'heure.

     

    _ Non, dit il, je te le promets.

     

    _ Vraiment , dit elle, je t'asseure,

     

    Tu ne le verras donc jamais!»







    Colin recognoissant sa faute

     

    S'escria d'une voix si haute:

     

    «Eh bien,donc, je te le feray.

     

    _ Lors, dit elle en levant sa cotte,

     

    Pour cela je le montreray.»















    Diffusion François Beauval

     

    1ér trimestre 1975



     

     

    J-G-R-C-

     

     











     




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    PROVERBE DU MONDE        D  02/06/2017

     

     

     

    • vous propose le festival photo

     

    • de LA GACILLY - GLENAC -

     

    • LA CHAPELLE GACELINE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

     

    Alfred de MUSSET

     

     

    1810 – 1857

     

     

     

     

    Alfred de MUSSET

     

    À

     

    George  SAND

     

     

     

    Quand je jure à vos pieds d’un éternel hommage

    Voulez vous q’un instant je change de visage ?

    Vous avez capturé les sentiments d’un cœur

    Que pour vous adorer forma le créateur.

     

    Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

    Couche sur le papier ce que je n’ose dire.

    Avec soin de mes vers lisez les premiers mots

    Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

     

     

     

    George  SAND

     

    À

     

    Alfred de MUSSET

     

     

     

    Cette faveur que votre cœur réclame

    Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     

     


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    POÈME D’hier 

      

      

    MIRABEAU 

      

      

    1749 - 1791 

      

      

      

      

      

    3/3 

      

    LES VICTIMES (1) 

      

      

      

    C’est toi, tout entière ; ô Sophie,

    Quand ton corps souple et scrupuleux

    Sous ma grosse face bouffie,

    Sous mon front large et pustuleux,

    Se débat et roule en délire,

    Comme, dans le creux d’un ravin,

    La nymphe, sous son vieux satyre,

    Tout gonflé d’amour et de vin.

     

     

    Va, tu n’es pas une Française,

    Qui n’aime que du bout des dents,

    Ton corps en prend tout à son aise,

    Et tes baisers sont bien mordants !

    Oh ! Viens, ma bacchante romaine,

    Laisse mon bras te dérouler,

    Laisse moi boire ton haleine,

    Laisse moi te décheveler !

     

     

    O dieu ! Que ma Sophie est belle,

    Quand le rouge lui monte au front !

    Que de  beauté son corps révèle

    Dans cet instant sublime et prompt !

    Son œil blanchit et s’illumine,

    Et son flan plein de volupté

    Surpasse en ardeurs Messaline

    Et l’antique lubricité !

     

     

    Sophie !...ah ! Malheur et misère !

    Le songe a fui rapidement,

    Mon âme retombe à la terre,

    Tout n’est qu’erreur isolement !

    Maintenant morne et taciturne,

    Loin de mes rêves étouffants,

    Je suis triste comme saturne

    Qui vient d’immoler ses enfants.

     

     

    3/3  

     

      

    (1) Ecrit à Vincennes, 

    Où le  fougueux tribun 

     Avait été incarcéré 

    En 1777 après qu’il eut enlevé 

     Sophie de RUFFEY, 

    La jeune épouse du 

    Marquis de MONNIER. 

      

    Diffusion François Beauval 

    1ér trimestre 1975 

      

    J-G-R-C- 

      

      

      

      

    MIRABEAU:   les victimes  3/3        D   26/05/2017

     

      


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    POÈME D’hier 

      

      

    MIRABEAU 

      

      

    1749 - 1791 

      

      

      

      

      

    2/3 

      

    LES VICTIMES (1) 

      

      

      

    L’heure a sonné ! Divin prestige,

    Sa voix d’airain brise mes fers !

    Je sens peser comme un vertige

    Sur mes yeux troublés et couverts !

    Hors de ses gonds ma porte roule,

    Bondit et tombe avec fracas,

    Mur épais, donjon, tout s’écroule,

    Et ma Sophie est dans mes bras !

     

     

    Allons, que de nard on m’arrose.

    Foin de la tristesse et des pleurs !

    Enfants, des couronnes de rose,

    Du vin, des coussins et des fleurs !

    Qu’un ciel tout ivre nous éclaire,

    Amour, empoisonne mes sens,

    Et toi, Vénus la populaire,

    A toi mon hymne et mon encens.

     

     

    A toi cette fleur, ô déesse !

    Je la jette sur ton autel,

    Cette rose, c’est ma maîtresse,

    Digne d’un dieu, d’un immortel.

    Cette rose, c’est sa poitrine,

    C’est sa cuisine au contour nerveux,

    C’est sa peau, c’est l’odeur divine

    Qui coule de ses bruns cheveux.

     

     

     

    2/3 A suivre ... 

      

    3/3  le  26 Mai 

     

      

    (1) Ecrit à Vincennes, 

    Où le  fougueux tribun 

     Avait été incarcéré 

    En 1777 après qu’il eut enlevé 

     Sophie de RUFFEY, 

    La jeune épouse du 

    Marquis de MONNIER. 

      

    Diffusion François Beauval 

    1ér trimestre 1975 

      

    J-G-R-C- 

      

      

      

      

     

      


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    POÈME D’hier

     

     

    MIRABEAU

     

     

    1749 - 1791

     

     

     

     

     

    1/3

     

    LES VICTIMES (1) 

     

     

     

    Sophie, ô mon amour, mon ange !

    Vainement un pouvoir obscur

    Nous  a jetés, comme la fange,

    Dans le fond d’un cloaque impur:

    Du nom de fille repentie

    On a beau flétrir ton destin,

    Oh ! Va, ma grande pervertie,

    Sophie, ô sublime catin !

     

    Sous l’air pesant d’une bastille,

    Dans les flancs d’un donjon armé,

    Malgré la geôle avec sa grille,

    Malgré mon cachot enfumé,

    Malgré ma paillasse elle-même,

    Malgré le froid de mes carreaux,

    Je suis toujours libre, et je t’aime

    A la barbe de mes bourreaux !

     

     

    Va, je les brave et je les raille,

    Car en dépit de leurs tourments,

    A travers barreaux et muraille

    Amour unit nos cœurs aimants :

    Oui ; tous les jours, à la même heure,

    Le dieu vient soulager nos maux,

    Et sa main, dans notre demeure,

    Fait reluire encor ses flambeaux.

     

     

    1/3 A suivre ...

     

    2/3   le  20 Mai

     

    3/3  le  26 Mai

     

    (1) Ecrit à Vincennes,

    Où le  fougueux tribun

     Avait été incarcéré

    En 1777 après qu’il eut enlevé

     Sophie de RUFFEY,

    La jeune épouse du

    Marquis de MONNIER.

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     


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