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    POÈME D’hier

    REGNARD

     

     

    1655 – 1709

     




    SUR LE MARIAGE

    En ce temps malheureux, ou tout le genre humain,
    La flamme et le fer a la main,
    Ne travaille qu’à se défaire,
    On ne saurait trop honorer
    Ceux qui, d’humeur plus débonnaire,
    Ne cherchent qu’à le réparer

    L’hymen pour repeupler la terre,.
    Au lieu d’un vain honneur que vous offre la guerre,
    Vous donnera de vrais plaisirs.
    On ne trouvera point votre nom dans l’histoire :
    Mais vivre au gré de ses désirs
    Vaut bien mieux qu’une mort avec un peu de gloire.

    ^pour être heureux époux, soyez toujours amant,
    Que, bien plus que le sacrement,
    L’amour à jamais vous unisse ;
    Et pour faire durer le plaisir entre vous,
    Que se soit l’amant qui jouisse
    De tout ce qu’on doit a l’époux.

    Pour vivre sans débat dans votre domestique,
    Vous n’avez qu’un moyen unique ;
    Et je vais vous le découvrir.
    Ne vous entêtez point d’être chez vous le maître :
    Mais si l’on veut bien le souffrir
    Contentez vous de le paraître.

    Quoi qu’on vous vienne débiter,
    Que rien ne vous fasse douter
    Que votre épouse est toujours sage ;
    Car, sans cet article de foi,
    Qu’on doit croire toujours, et souvent malgré soi,
    Point de salut en mariage.

    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975


    collection personnelle
    J-G-R-C








    09/04/2013  

      

     


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    POÈME D’hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’INVITATION

     

    AU VOYAGE

     

     

     

     

     

    Mon enfant, ma sœur,

    Songe à la douceur

    D’aller là bas vivre ensemble !

    Aimer à loisir,

    Aimer et mourir

    Au pays qui te ressemble !

    Les soleils mouillés

    De ces ciels brouillés

    Pour mon esprit ont les charmes

    Si mystérieux

    De tes traîtres yeux,

    Brillant à travers leurs larmes.

     

    Là, tout n’est qu’un ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Des meubles luisants,

    Polis par les ans,

    Décoreraient notre chambre ;

    Les plus rares fleurs

    Mêlant leurs odeurs

    Aux vagues senteurs de l’ambre,

    Les riches plafonds,

    Les miroirs profonds,

    La splendeur orientale,

    Tout y parlerait

    A l’âme en secret

    La douce langue natale.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Vois sur ces canaux

    Dormir ces vaisseaux

    Dont l’humeur est vagabonde :

    C’est pour assouvir

    Ton moindre désir

    Qu’ils viennent du bout du monde.

     

    Les soleils couchants

    Revêtent les champs,

    Les canaux, la ville entière,

    D’hyacinthe et d’or ;

    Le monde s’endort

    Dans une chaude lumière.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

     


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    POÈME  D’hier

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LE LETHE

     

     

     

     

    Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,

    Tigre adoré, monstre aux airs indolents ;

    Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants

    Dans l’épaisseur de ta crinière lourde :

     

     

    Dans tes jupons remplis de ton parfum

    Ensevelir ma tête endolorie,

    Et respirer, comme une fleur flétrie,

    Le doux relent de mon amour défunt.

     

     

    Je veux dormir ! Dormir plutôt que vivre !

    Dans un sommeil aussi doux que la mort,

    J’étalerai mes baisers sans remords

    Sur ton beau corps poli comme le cuivre.

     

     

    Pour engloutir mes sanglots apaisés

    Rien ne vaut l’abîme de ta couche ;

    L’oubli puissant habite sur ta bouche,

    Et le Léthé coule dans tes baisers.

     

     

    A mon destin, désormais mon délice,

    J’obéirai comme un prédestiné ;

    Martyre docile, innocent condamné,

    Dont la ferveur attise le supplice.

     

     

    Je sucerai, pour noyer ma rancœur,

    Le népenthès et la bonne ciguë

    Aux bouts charmants de cette gorge aiguë,

    Qui n’a jamais emprisonné de cœur.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

    25/09/2013


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    POÈME D’hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’INVITATION

     

     

    AU VOYAGE

     

     

     

     

     

    Mon enfant, ma sœur,

    Songe à la douceur

    D’aller là bas vivre ensemble !

    Aimer à loisir,

    Aimer et mourir

    Au pays qui te ressemble !

    Les soleils mouillés

    De ces ciels brouillés

    Pour mon esprit ont les charmes

    Si mystérieux

    De tes traîtres yeux,

    Brillant à travers leurs larmes.

     

    Là, tout n’est qu’un ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Des meubles luisants,

    Polis par les ans,

    Décoreraient notre chambre ;

    Les plus rares fleurs

    Mêlant leurs odeurs

    Aux vagues senteurs de l’ambre,

    Les riches plafonds,

    Les miroirs profonds,

    La splendeur orientale,

    Tout y parlerait

    A l’âme en secret

    La douce langue natale.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Vois sur ces canaux

    Dormir ces vaisseaux

    Dont l’humeur est vagabonde :

    C’est pour assouvir

    Ton moindre désir

    Qu’ils viennent du bout du monde.

     

    Les soleils couchants

    Revêtent les champs,

    Les canaux, la ville entière,

    D’hyacinthe et d’or ;

    Le monde s’endort

    Dans une chaude lumière.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     04/06/2013


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    POÈME D’hier

     

    CLÉMENT  Jean  Baptiste

     

     

    1836 – 1903

     

     

     

     

     

     

    LE TEMPS

     

     

    DES CERISES

     

     

     

     

     

    Quand nous en serons au temps des cerises,

    Et gai rossignol et merle moqueur

    Seront tous en fete.

    Les belles auront la folie en tete

    Et les amoureux du soleil au cœur.

    Quand nous en serons au temps des cerises,

    Sifflera bien mieux le merle moqueur.

     

    Mais il est bien court le temps des cerises,

    Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant

         Des pendants d’oreilles,

    Cerises d’amour aux robes pareilles

    Tombant sous la feuille en gouttes de sang.

    Mais il est bien court le temps des cerises,

    Pendants de corail qu’on cueille en rêvant.

     

    Quand vous en serez au temps des cerises,

    Si vous avez peur des chagrins d’amour

     Évitez les belles.

    Moi qui ne craint pas les peines cruelles,

    Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.

    Quand vous en serez au temps des cerises,

    Vous aurez aussi des chagrins d’amour.

     

    J’aimerai toujours le temps des cerises :

    C’est de ce temps là que je garde mon cœur

         Une plaie ouverte,

    Et dame fortune, en m’étant offerte,

    Ne saurait jamais calmer ma douleur.

    J’aimerai toujours le temps des cerises :

    Et le souvenir que je garde au cœur.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     18/09/2014


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  • DANS LA NUIT DU 25 AU 26 MARS VACANCES MARTINIQUE Décemb 2016: Fête Saint James 1/5 Sainte Marie    D   21/03/2017  

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    POÈME D’hier

     

    PIRON

     

     

     

    1869 - 1773

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    RONDEAU

     

     



    Vivent les bruns, en dépit des blondins !


    Vive la brune, en dépit de la blonde !


    Dans tes tournois, dis nous, dieu des jardins,


    Des deux couleurs laquelle est plus féconde.



    En beaux faits d’arme et gentils paladins !


    Blonde aura bien beaux doigts incarnadins,


    Blonds auront bien jolis airs grenadins :


    Mais quand au point ou ta gloire se fonde,.


     Vivent les bruns !



    Du ciel un jour laissant les citadins,


    Vénus tata des galants de ce monde :


    Pour tous les blonds elle n’eut que dédains,


    Si qu’on l’ouit, en finissant sa ronde,


    Dire tout haut et se plaignant des reins :


    Vivent les bruns !

     

     



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

     

     


    J-G-R-C




     

     

     

     


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    Francis  JAMES    J'AIME DANS LE TEMPS         D   15/03/2017   R

     

      Francis  JAMES    J'AIME DANS LE TEMPS         D   15/03/2017   R

      Francis  JAMES    J'AIME DANS LE TEMPS         D   15/03/2017   R

    Francis  JAMES    J'AIME DANS LE TEMPS         D   15/03/2017   R

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME  D'hier

     

     

     

    FRANCIS  JAMMES

     

     

    1868 – 1938

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J’AIME DANS LE TEMPS

     

     

    J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse

    L’écolière, des anciens pensionnats,

    Qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls

    Lire les magazines d’autrefois.

     

     

    Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon cœur

    La lumière bleue de sa gorge blanche.

    Où est elle ? où était donc ce bonheur ?

    Dans sa chambre claire il entrait des branches.

     

     

    Elle n’est peut être pas encore morte

    - ou peut être que nous l’étions tous deux.

    La grande cour avait des feuilles mortes

    Dans le vent froid des fins d’été très vieux.

     

     

    Te souviens tu de ces plumes de paon,

    Dans un grand vase, auprès de coquillages ?...

    On apprenait qu’on avait fait naufrage,

    On appelait Terre Neuve : le Banc.

     

     

    Viens, viens ma chère Clara d’Ellébeuse :

    Aimons nous encore si tu existes.

    Le vieux jardin a vieilles tulipes.

    Viens toute nue,o Clara D’Ellébeuse.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     07/06/2013


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