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    POÈME D’hier









    VERLAINE









    1844 - 1896









    GREEN















    Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,

    Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous.

    Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches

    Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.







    J'arrive tout couvert encore de rosée

    Que le vent du matin vient glacer à mon front.

    Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée,

    Reve des chers instants qui la délasseront.







    Sur votre jeune sein laissez rouler ma tète

    Toute sonore encor de vos derniers baisers;

    Laissez la s'apaiser de la bonne tempête,

    Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-















     

     

     

     



     

     

     


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    Pierre de CORNU         Mon dieu!  Le beau téton...          D    13/09/2019

     

     

     







    POÈME D’hier







    Pierre de







    CORNU









    1558 - 1623



     

     

    Mon dieu











    LE BEAU TETON...















    Mon dieu, le beau téton, mon tout, ma doucelette,



    Que je voy apparoir par dessus ton collet!



    Il soupire toujours, las! Qu'il est rondelet,



    Et garni par dessus d'une peau blanchelette!



    Laisse le moy toucher, ma petite garcette,



    Laisse moy lui donner un baiser doucelet.



    Hé, bon dieu! Quel plaisir!est si joliet



    Que je ne vis jamais charnure si parfaite.



    Or, sus, baille le moy, je le veux mignotter,



    Je le veux manier, je le veux façotter,



    Pour en sucer le bout de ma langue ravie.



    Va t en, retire le! Je suis tout appasté,



    Je suis tout esblouy pour l'avoir façotté



    Que de trop de bonheur je sens couler ma vie.







     





    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-









     

     




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  • POÈME D’hier















    Hégésippe











    MOREAU









    1810 – 1838







     

     

     

     

     

     



    L'AMANT







    TIMIDE

     









     

     

     

     



    A seize ans, pauvre timide


    Devant le plus frais appas,


    Le cœur battant, l’œil humide,


    Je voulais et n’osais pas,


    et  je priais, et sans cesse


    Je répétais dans mes vœux:


    « Jésus ! Rien qu’une maîtresse,


    Rien qu’une maîtresse…ou deux! »



    Lors une beauté, qui daigne


    M’agacer d’un air moqueur,


    Me dit : « enfant ton cœur saigne,


    Et j’ai pitié de ton cœur,


    Pour te guérir quel dictame


    Faut-il donc ; pauvre amoureux?


    - Oh! Rien qu’un baiser madame!


    Oh! Rien qu’un baiser…ou deux! »



    Puis le beau docteur, qui raille,


    Me tâte le pouls, et moi,


    En façon de représaille,


    Je tâte je ne sais quoi!


    «  Où vont ces lèvres de flamme?


    Où vont ces doigts curieux?


    Puisque j’en tiens un madame,


    Laisser moi prendre les deux. »



    La coquette sans alarmes


    Rit si bien de mon amour,


    Que  j’eus a baiser des larmes


    Quand  je riais a mon tour.


    Elle sanglote et se pâme:


    «  Qu’avons-nous fait la, grand dieux?


    Oh ! rien qu’un enfant, madame.


    Oh ! rien qu’un enfant… ou deux! » 

     









     

     

     

     

    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J-G-R-C-

     

     




      

     

      D 03 - 07 – 2014

     






     




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    POÈME D’hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’INVITATION

     

     

    AU VOYAGE

     

     

     

     

     

    Mon enfant, ma sœur,

    Songe à la douceur

    D’aller là bas vivre ensemble !

    Aimer à loisir,

    Aimer et mourir

    Au pays qui te ressemble !

    Les soleils mouillés

    De ces ciels brouillés

    Pour mon esprit ont les charmes

    Si mystérieux

    De tes traîtres yeux,

    Brillant à travers leurs larmes.

     

    Là, tout n’est qu’un ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Des meubles luisants,

    Polis par les ans,

    Décoreraient notre chambre ;

    Les plus rares fleurs

    Mêlant leurs odeurs

    Aux vagues senteurs de l’ambre,

    Les riches plafonds,

    Les miroirs profonds,

    La splendeur orientale,

    Tout y parlerait

    A l’âme en secret

    La douce langue natale.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Vois sur ces canaux

    Dormir ces vaisseaux

    Dont l’humeur est vagabonde :

    C’est pour assouvir

    Ton moindre désir

    Qu’ils viennent du bout du monde.

     

    Les soleils couchants

    Revêtent les champs,

    Les canaux, la ville entière,

    D’hyacinthe et d’or ;

    Le monde s’endort

    Dans une chaude lumière.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

    05/04/2017*-* 04/06/2013


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    POÈME D’hier







    Charles









    BAUDELAIRE









    1821 - 1867



     

     

     

    Le LETHE















    Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,

    Tigre adoré, monstre aux airs indolents;

    Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants

    Dans l'épaisseur de ta crinière lourde;





    Dans tes jupons remplis de ton parfum

    Ensevelir ma tète endolorie,

    Et respirer, comme une fleur flétrie,

    Le doux relent de mon amour défunt.





    Je veux dormir ! Dormir plutôt que vivre!

    Dans un sommeil aussi doux que la mort,

    J'étalerai mes baisers sans remords

    Sur ton beau corps poli comme le cuivre.





    Pour engloutir mes sanglots apaisés

    Rien ne me vaut l’abîme de ta couche;

    L'oubli puissant habite sur ta bouche,

    Et le léthé coule dans tes baisers.





    A mon destin, désormais mon délice,

    J'obéirai comme un prédestiné ;

    Martyr docile, innocent condamné,

    Dont la ferveur attise le supplice,





    Je sucerai, pour noyer ma rancœur,

    Le népenthès et la bonne ciguë

    Aux bouts charmants de cette gorge aiguë,

    Qui n' a jamais emprisonné de coeur.













    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-










     

     

     

     

    LA PHOTO ET PLUS A LA GACILLY   3/3    D 23/08/2019   

     

     

     


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    Paul  VALÉRY            Anne                  D     14/08/2019  R

     

     

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

    Paul  VALERY

     

     

    1871– 1945

     

     

     

     

     

     

     

    ANNE

     

    A André LEBEY

     

     

     

    Anne qui se mélange au drap pale et délaisse

    Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts

    Mire ses bras lointains tournés avec mollesse

    Sur la peau sans couleur du ventre découvert.

     

    Elle vide, elle enfle d’ombre gorge lente,

        Et comme un souvenir pressant ses propres chairs,

    Une bouche brisée et pleine d’eau brûlante

    Roule le goût immense et le reflet mers.

     

    Enfin désemparée et libre d’être fraîche,

    La dormeuse déserte aux touffes de couleur

    Flotte sur son lit blême, et d’une lèvre sèche,

    Tette dans les ténèbres un souffle amer de fleur.

     

    Et sur le linge ou l’aube insensible se plisse,

    Tombe, d’un bras de glace effleuré de carmin,

    Toute une main défaite et perdant le délice

    A travers ses doigts nus dénoués l’humain.

     

     Au hasard! A jamais, dans le sommeil sans hommes   

    Pur des tristes éclairs de leurs embrasements

    Elle laisse rouler les grappes et les pommes

    Puissantes, qui pendaient aux treilles d’ossements,

     

    Qui riaient, dans leurs ambre appelant les vendanges,

    Et dont le nombre d’or de riches mouvements

    Invoquait la vigueur et les gestes étranges

    Que pour tuer l’amour invente les amants...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

    18-11-2016     10-12-2015

     


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    POÈME D’hier









    VERLAINE









    1844 - 1896









    LE FOYER



    LA LUEUR ETROITE



    DE LA LAMPE

















    Le foyer, la lueur étroite de la lampe;

    La rêverie avec le doigt contre la tempe

    Et les yeux se perdant parmi les yeux aimés;

    L'heure du thé fumant et des livres fermés ;

    La douceur de sentir la fin de la soirée ;

    De l'ombre nuptiale et de la douce nuit,

    Oh ! Tout cela, mon rêve attendri le poursuit

    Sans relâche, à travers toutes remises vaines,

    Impatient des mois, furieux des semaines!







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-















     

     

     



     

     

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    de LA GACILLY

     

     


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    POÈME D’hier

     

     

    Paul  VALERY

     

     

    1871– 1945

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES PAS

     

     

     

     

    Tes pas, enfants de mon silence,

    Saintement, lentement placés,

    Vers le lit de ma vigilance

    Procèdent, muets et glacés.

     

     

    Personne pure, ombre divine,

    Qu’ils sont doux, tes pas retenus !

    Dieux !…tous les dons que je devine

    Viennent à moi sur ces pieds nus !

     

     

    Si, de tes lèvres avancées,

    Tu prépares pour l’apaiser,

    A l’habitant de mes pensées

    La nourriture d’un baiser.

     

     

    Ne hâte pas cet acte tendre,

    Douceur d’être et de n’être pas,

    Car j’ai vécu de vous attendre,

    Et mon cœur n’était que vos pas.

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     

     

      D  02-05-2017   

     

     

     


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  • POÈME D’hier















    Jean Baptiste











    CLEMENT









    1836 – 1903







     

     

     

     

     

     

     

    LE TEMPS







    DES CERISES

     









     

     

     

     

    Quand nous en serons au temps des cerises,

    Et gai rossignol et merle moqueur

                            Seront tous en fête.

    Les belles auront la folie en tète

    Et les amoureux du soleil au cœur.

    Quand nous en serons au temps des cerises,

    Sifflera bien mieux le merle moqueur.







     

    Mais il est bien court le temps des cerises,

    Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant

         Des pendants d’oreilles,

    Cerises d’amour aux robes pareilles

    Tombant sous la feuille en gouttes de sang.

    Mais il est bien court le temps des cerises,

    Pendants de corail qu’on cueille en rêvant.







     

    Quand vous en serez au temps des cerises,

    Si vous avez peur des chagrins d’amour

     Évitez les belles.

    Moi qui ne craint pas les peines cruelles,

    Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.

    Quand vous en serez au temps des cerises,

    Vous aurez aussi des chagrins d’amour.

     







    J’aimerai toujours le temps des cerises :

    C’est de ce temps là que je garde mon cœur

                                             Une plaie ouverte,

    Et dame fortune, en m’étant offerte,

    Ne saurait jamais calmer ma douleur.

    J’aimerai toujours le temps des cerises:

    Et le souvenir que je garde au cœur.

     







     

     

     

     

    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J-G-R-C-

     

     




      

     

      D 18 - 09 – 2014

     






     




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    POÈME D’hier











    Francis





    JAMMES







     

     

    1868 - 1938

     

     







     

     

     

     

     

     

     

    J’AIME







    DANS LE TEMPS

     









     

    J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse



    L’écolière, des anciens pensionnats,



    Qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls



    Lire les magazines d’autrefois.

     

     



    Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon cœur



    La lumière bleue de sa gorge blanche.



    Où est elle ? où était donc ce bonheur ?



    Dans sa chambre claire il entrait des branches.

     

     



    Elle n’est peut être pas encore morte



    • ou peut être que nous l’étions tous deux.     

     

    La grande cour avait des feuilles mortes



    Dans le vent froid des fins d’été très vieux.

     

     



    Te souviens tu de ces plumes de paon,



    Dans un grand vase, auprès de coquillages ?...



    On apprenait qu’on avait fait naufrage,



    On appelait Terre Neuve : le Banc.

     

     



    Viens, viens ma chère Clara d’Ellébeuse :



    Aimons nous encore si tu existes.



    Le vieux jardin a vieilles tulipes.



    Viens toute nue, o Clara D’Ellébeuse.





     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    Diffusion François Beauval

     


    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

     

     

     

     

    J-G-R-C-

     

     




     

     

      D 07 - 06 - 2013

     


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