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    POÈME D’HIER


     

     

    Olivier de  MAGNY

     

     

     

     

    1528 - 1577

     

     

     

     



     

     

     

     

     

     

     

    SONNET

     



     

    Je l’aime bien, pour qu’elle a les yeux

    Et les sourcils de couleur toute noire

    Le teint de rose et l’estomac d’ivoire,

    L’haleine douce et le ris gracieux.

     

     

    Je l’aime bien, pour son front spacieux,

    Où l’amour tient le siège de sa gloire,

    Pour sa faconde et sa riche mémoire

    Et son esprit plus qu’autre industrieux.

     

     

    Je l’aime bien, pour ce qu’elle est humaine,

    Pour ce qu’elle est de savoir toute pleine

    Et que son cœur d’avarice n’est poingt.

    Mais qui me fait l’aimer d’une amour telle,

    C’est pour autant qu’el’ me tient bien en point

    Et que je dors quand je veux avec elle.

     

     

     

     



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975




     

    J-G-R-C-



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    FETE DES FLEURS  11/06/2017     1/5     D   21/07/2017

     

     

      

     


    8 commentaires
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    Raymond  MICHAUD  Pour Alice     OMBRE RÊVÉE   D   17/07/2017

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME D’hier

     

     

     

    Raymond  MICHAUD

     

     

    0000 – 0000

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour Alice

     

     

     

    OMBRE RÊVÉE

     

     

     

     

     

    La nuit monte dans ton regard

    Visage découvert à l’ombre de la neige

    A l’ombre fraîche de ton cœur

    Ma solitude s’agrandit.

     

     

    Pouvoir te donner mon bonheur

    Comme un beau caillou de silence

    Des jours bleus comme la campagne

    Et la rivière ton amie.

     

     

    Pouvoir échanger ton visage

    Contre la colère muette

    La souffrance aux lèvres de vent

    Et la peur aux mots de folie

     

     

    Je dis ton nom je dis ton rire

    Aux passants je dis tes alarmes

    Dans tes yeux je lis l’avenir

    Au chaud mensonge du baiser.

     

     

    J’invente une joie qui ne pèse

    Pas plus que l’oiseau dans ton cœur

    Un refrain jamais entendu

    Une ombre rêvée sur la route.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     13-12-2016


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    Charles  BAUDELAIRE     FEMMES  DAMNEES

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    POEME D’hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    FEMMES DAMNEES

     

     

     

     

     

    Comme un bétail pensif sur sable couchées,

    Elles tournent leurs yeux vers l’horizon des mers,

    Et leurs pieds se cherchant et leurs mains rapprochées

    Ont de douces langueurs et des frissons amers.

     

     

    Les unes, cœurs épris de longues confidences,

    Dans le fond des bosquets ou jasent les ruisseaux,

    Vont épelant l’amour des craintives enfances

    Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux :

     

     

    D’autres, comme des sœurs, marchent lentes et graves

    A travers les rochers pleins d’apparitions,

    Ou saint Antoine a vu surgir comme des laves

    Les seins nus et pourprés de ses tentations ;

     

     

    Il en est, aux lueurs des résines croulantes,

    Qui dans le creux muet des vieux antres païens

    T’appellent au secours de leurs fièvres hurlantes,

    O Bacchus, endormeur des remords anciens !

     

     

    Et d’autres, dont la gorge aime les scapulaires,

    Qui, recélant un fouet sous leurs longs vêtements,

    Mêlent, dans le bois sombre et les nuits solitaires,

    L’écume du plaisir aux larmes des tourments.

     

     

    O vierges, O démons, O monstres, O martyres.

    De la réalité grands esprits contempteurs,

    Chercheuses d’infini, dévotes et satyres,

    Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs.

     

     

    Vous qui dans votre enfer mon âme a poursuivies ;

    Pauvres sœurs, je vous aime autant que je vous plains,

    Pour vos mornes douleurs, vos soif inassouvies,

    Et les urnes d’amour dont vos grand cœur sont pleins !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     27-12-2016


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    POÈME D’hier



     

     

     

     

    MERRILL Stuart

     

     

    1863 – 1915

     

     

     

     

     



     
     

     

     

     

     

    MON FRONT

     

    PALE…

     

     

     


     Mon front pale est sur tes genoux
     Que jonchent des débris de roses ;
     O femme d’automne, aimons nous
     Avant le glas des temps moroses.


     Oh ! Des gestes doux de tes doigts
     Pour calmer l’ennui qui me hante !
     Je rêve à mes aïeux les rois
     Mais toi, lève les yeux, et chante.


     Berce moi des dolents refrains
     De ces anciennes cantilènes
     Ou, casqués d’or, les souverains
     Mouraient aux pieds des châtelaines,


     Et tandis que ta voix d’enfant,
     Ressuscitant les épopées,
     Sonnera comme un oliphant
     Dans la danse âpre des épées,


     Je penserai vouloir mourir
     Parmi les roses de ta robe,
     Trop lâche pour reconquérir
     Le royaume qu’on me dérobe.

     

     

     

     



     Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975




      

     

     

    Collection personnelle

    J-G-R-C-



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     03-01-2017


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  • POÈME D’hier







    GILBERT



    1750 – 1780













    LES CHARMES

     

    DES BOIS...















    Que j'aime ces bois solitaires!

    Aux bois se plaisrent les amants;

    Les nymphes y sont moins sévères,

    Et les bergers plus plus éloquents.



    Les gazons, l'ombre et le silence

    Inspirent les tendres aveux;

    L'amour est aux bois sans défense;

     C'est au bois qu'il fait des heureux.



    O vous qui, pleurant sur vos chaînes,

    Sans espoir servez sous ses lois,

    Pour attendrir vos inhumaines,

    Tachez de les conduire aux bois!



    Venez au bois, beautés volages;

    Ici les amours sont discrets;

    Vos sœurs visitent les ombrages,

    Les grâces aiment les forets.



    Que ne puis je, aimable Glycère,

    M'y perdre avec vous quelques fois!

    Avec la beauté qu'on préfère

    Il est si doux d'aller au bois!



    Un jour j'y rencontrai Thémire,

    Belle comme un printemps heureux:

    Que son amant, ou le zéphire

    Avait dénoué ses cheveux.



    Je ne sais point quel doux mystère

    Ce galant désordre annonçait:

    Mais Lycas suivait la bergère,

    Et la bergère rougissait.

     

     

    Doucement je l'entendis même

    Dire au berger plus d'une fois:

    O mon bonheur! O toi que j'aime!

    Allons toujours ensemble au bois.











    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-

























     




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    POÈME D’hier

     

    Alfred de MUSSET

     

     

    1810 – 1857

     

     

     

     

     

     

    Sonnets 

     

     

    SOUVENIR

     

    J’espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir

    En osant te revoir, place a jamais sacrée,

    O la plus chère tombe et la plus ignorée

    Où dorme un souvenir !

     

     

    Que redoutiez vous donc de cette solitude,

    Et pourquoi, mes amis, me preniez vous la main,

    Alors qu’une si douce et si vieille habitude

    Me montrait ce chemin ?

     

     

    Les voila, ces coteaux, ces bruyères fleuries,

    Et ces pas argentins sur le sable muet.

    Ces sentiers amoureux, remplis de causeries.

    Où son bras m’enlaçait.

     

     

    ……………………………………………………………………

     

     

    Ah ! Laissez les couler, elles me sont bien chères,

    Ces larmes que soulève un cœur encore blessé !

    Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupières

    Ce voile du passé !

     

    ……………………………………………………………………

     

     

    Que sont ils devenus, les chagrins de ma vie ?

    Tout ce qui m’a fait vieux est bien loin maintenant

    Et rien qu’en regardant cette vallée amie,

    Je redeviens enfant !

     

     

    ……………………………………………………………………

     

     

    Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice !

    Je n’aurais jamais cru que put tant souffrir

    D’une telle blessure, et que sa cicatrice

    Fut si douce à sentir.

     

     

    ……………………………………………………………………

     

     

    Dante, pourquoi dis tu qu’il n’est pire misère

    Qu’un souvenir heureux dans les jours de douleur ?

    Quel chagrin t’a dicté cette parole amère,

    Cette offense au malheur ?

     

     

    ……………………………………………………………………

     

     

    Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m’éclaire,

    Ce blasphème vanté ne vient pas de ton cœur.

    Un souvenir heureux est peut être sur terre

    Plus vrai que le bonheur.

     

     

    ……………………………………………………………………

     

     

    Oui, jeune et belle encor, plus belle osait on dire,

    Je l’ai vue, et ses yeux brillaient comme autrefois.

    Ses lèvres s’entrouvraient, et c’était un sourire,

    Et c’était une voix :

     

     

    Mais non plus cette voix, non plus ce doux langage,

    Ces regards adorés dans les miens confondus ;

    Mon cœur, encore plein d’elle, errait sur son visage

    Et ne la trouvait plus.

     

     

    Et pourtant j’aurai pu marcher alors vers elle,

    Entourer de mes bras ce vide et glacé,

    Et j’aurais pu crier : « qu’as-tu fais, infidèle,

    Qu’as-tu fait du passé ? »

     

     

    Mais non : Il me semblait qu’une femme inconnue

    Avait pris par hasard cette voix et ces yeux

    Et je laissai passer cette froide statue

    En regardant les cieux.

     

     

    Eh bien ! Ce fut sans doute une horrible misère

    Que ce riant adieu d’un être inanimé.

    Eh bien ! Qu’importe encor ? O nature ! O ma mère !

    En ai-je moins aimé ?

     

     

    La foudre maintenant peut tomber sur ma tête ;

    Jamais ce souvenir ne peut m’être arraché ;

    Comme le matelot brisé par la tempête,

    Je m’y tiens attaché.

     

     

    Je ne veux rien savoir, ni si les champs fleurissent,

    Ni ce qu’il adviendra du simulacre humain,

    Ni si ces castes cieux éclaireront demain

    Ce qu’ils ensevelissent.

     

     

    Je me dis seulement : «  a cette heure en ce lieu,

    Un jour, je fus aimé, j’aimais, elle était belle.

    J’enfouis ce trésor dans mon âme immortelle,

    Et je l’emporte à dieu ! »

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     


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    POÈME D’hier

     

     

    Comtesse

     

    De NOAILLES

     

     

    1876 - 1933 

     

     




     

     

     

     

     

     

     


    L’AMOUR

     

     

    NE LAISSE PAS…

     

     

     

     



     

    L’amour ne laisse pas que longtemps on l’oublie,

    Au front qui fut distrait il met un joug plus dur,

    Il gît au fond des corps comme au fond de l’azur,

    Ainsi qu’une suave et persistante lie.

     

    Quand dans les jours parfaits des étés somptueux

    On croit pouvoir sans lui connaître l’allégresse

    Il trouble notre joie ou bien notre paresse

    Par un doute rêveur, sagace et langoureux.

     

    Vous avais je oublié, avais je, folle et triste,

    Un instant échappé a vos constantes lois,

    Inexorable amour, avais je dit : j’existe,

    Je respire, je suis, je réfléchis, je vois, 

     

    Sans me sentir soumise à vos sublimes ordres ;

    Avais je décidé que j’étais libre enfin

    De détourner la joue où vous souhaitez mordre,

    Et de m’assouvir plus votre soif, votre faim ?

     

    -Et cependant, amour, dieu trompeur, dieu fidèle,

    Du distrait univers vous le seul protégé,

    C’est ma gloire, que nul ne pourra Déranger,

    D’avoir su déchiffrer tout ce qui vous révèle.

    D’avoir fixé mes yeux sur vos mains Éternelles,

    Et de n’avoir écrit que pour vous Prolonger…

     

     

     

     

     

     

     

     


    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

    J-G-R-C- 

     



     

     

     

     


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