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    POÈME D’hier 

      

      

    MIRABEAU 

      

      

    1749 - 1791 

      

      

      

      

      

    2/3 

      

    LES VICTIMES (1) 

      

      

      

    L’heure a sonné ! Divin prestige,

    Sa voix d’airain brise mes fers !

    Je sens peser comme un vertige

    Sur mes yeux troublés et couverts !

    Hors de ses gonds ma porte roule,

    Bondit et tombe avec fracas,

    Mur épais, donjon, tout s’écroule,

    Et ma Sophie est dans mes bras !

     

     

    Allons, que de nard on m’arrose.

    Foin de la tristesse et des pleurs !

    Enfants, des couronnes de rose,

    Du vin, des coussins et des fleurs !

    Qu’un ciel tout ivre nous éclaire,

    Amour, empoisonne mes sens,

    Et toi, Vénus la populaire,

    A toi mon hymne et mon encens.

     

     

    A toi cette fleur, ô déesse !

    Je la jette sur ton autel,

    Cette rose, c’est ma maîtresse,

    Digne d’un dieu, d’un immortel.

    Cette rose, c’est sa poitrine,

    C’est sa cuisine au contour nerveux,

    C’est sa peau, c’est l’odeur divine

    Qui coule de ses bruns cheveux.

     

     

     

    2/3 A suivre ... 

      

    3/3  le  26 Mai 

     

      

    (1) Ecrit à Vincennes, 

    Où le  fougueux tribun 

     Avait été incarcéré 

    En 1777 après qu’il eut enlevé 

     Sophie de RUFFEY, 

    La jeune épouse du 

    Marquis de MONNIER. 

      

    Diffusion François Beauval 

    1ér trimestre 1975 

      

    J-G-R-C- 

      

      

      

      

     

      


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    POÈME D’hier

     

     

    MIRABEAU

     

     

    1749 - 1791

     

     

     

     

     

    1/3

     

    LES VICTIMES (1) 

     

     

     

    Sophie, ô mon amour, mon ange !

    Vainement un pouvoir obscur

    Nous  a jetés, comme la fange,

    Dans le fond d’un cloaque impur:

    Du nom de fille repentie

    On a beau flétrir ton destin,

    Oh ! Va, ma grande pervertie,

    Sophie, ô sublime catin !

     

    Sous l’air pesant d’une bastille,

    Dans les flancs d’un donjon armé,

    Malgré la geôle avec sa grille,

    Malgré mon cachot enfumé,

    Malgré ma paillasse elle-même,

    Malgré le froid de mes carreaux,

    Je suis toujours libre, et je t’aime

    A la barbe de mes bourreaux !

     

     

    Va, je les brave et je les raille,

    Car en dépit de leurs tourments,

    A travers barreaux et muraille

    Amour unit nos cœurs aimants :

    Oui ; tous les jours, à la même heure,

    Le dieu vient soulager nos maux,

    Et sa main, dans notre demeure,

    Fait reluire encor ses flambeaux.

     

     

    1/3 A suivre ...

     

    2/3   le  20 Mai

     

    3/3  le  26 Mai

     

    (1) Ecrit à Vincennes,

    Où le  fougueux tribun

     Avait été incarcéré

    En 1777 après qu’il eut enlevé

     Sophie de RUFFEY,

    La jeune épouse du

    Marquis de MONNIER.

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

     


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    POÈME D’hier

     

    Geneviève de SAINTOGE

     

     

    1650 – 1718

     

     

     

     

        

     

     

     

     

     

     

     

    CONTE

     

     

     

     

     

    Un jeune cavalier, plus vif qu’on ne peut croire,

    Fait pour les jeux, et les ris,

    Fourni de bonnes dents - cela sert à l’histoire –

    Etait un jour près de Chloris.

    Il lui dit d’un air agréable

    Qu’elle est une dame à manger,

    Qu’en la mordant du moins il veut se soulager.

    Votre mâchoire est redoutable,

    Dit elle, pour d’autres que moi,

    Je suis trop ferme et trop dodue

    Pour être pincée ou mordue :

    Malgré vous et vos dents je ne sens nul effroi.

    A ce défi de la belle,

    Il se jette à ses pieds et, se penchant sur elle,

    Il mord à travers sa jupe de velours.

    Contre de telles dents il n’est aucun secours :

    Elle en ressent une atteinte cruelle,

    Elle crie, elle est en courroux.

    A notre cavalier ses cris paraissent doux :

    Je, dit il, naître son espérance,

    Je vois que l’on n’a pas toujours la fermeté

    Dont on s’était vanté ;

    Je pourrai mordre un jour sur votre indéfférence.

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Francis   JAMES      Je t'aime        D  26/04/2017

     

     

     

     

     

     

    Francis   JAMES      Je t'aime        D  26/04/2017

     

     

    ANNIVERSAIRE DE MARIAGE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    POÈME D'HIER

     

     

    FRANCIS   JAMMES

     

     

     

    1868 – 1938

     

     

     

     

     

     

    Je T’aime  

     

     

     

     

    Je t’aime et ne sais ce que je te voudrais.

    Hier mes jambes douces et claires ont tremblé

    Quand ma gorge t’a touché, lorsque je courrais.

     

    Moi, le sang a coulé plus fort comme une roue,

                              Jusqu’à ‘à ma gorge, en sentant tes bras ronds et doux

    Luire à travers ta robe comme des feuilles  De houx.

     

    Je t’aime et je ne sais pas ce que je voudrais.

    Je voudrais me coucher et je m’endormirais…

    La gentiane est bleue et noire la foret.

     

    Je t’aime, laisse-moi te prendre dans mes bras…

    La pluie luit au soleil sur les arbres du bois…

    Laisse moi t’endormir et tu m’endormiras.

     

    J’ai peur. Je t’aime et ma tête tourne, pareille

      Aux ruches du vieux banc ou sonnaient les  abeilles

    qui revenaient gluantes des raisins des treilles.

     

    Il fait chaud. Les blés sont remplis de fleurs rouges

    Couche toi dans les blés et donne moi ta bouche.

    Les mouches bleues au bas de la prairie- écoute ?

     

    La terre est chaude. il y là bas des cigales

    Près du vieux mur ou sont des roses du Bengale,

    Sur l’écorce blanche et rugueuse des platanes.

     

    La vérité est nue et mets toi nue aussi.

    Les épis crépiteront sous ton corps durci

    Par la jeunesse de l’amour qui le blanchit.

     

    Je n’ose pas mais je voudrais être nue ce soir.

    Mais tu me toucherais et j’aurai peur de toi.

    Je serais toute blanche et le soir serait noir.

     

    Les geais ont crié dans les bois car ils aiment.

    Les capricornes luisants s’accrochent aux chênes.

    Les abeilles qui aiment les longs vols blonds essaiment.

     

    Prends moi entre tes bras. Je ne peux plus qu’aimer

    Et ma chair est en air, en feu et en lumière,

    Et je veux te serrer comme un arbre un lierre.

     

    Les troupeaux de l’automne vont aux feuilles Jaunes,

    La tanche d’or à l’eau et la beauté aux femmes

    Et le corps va au corps et l’âme va à l’âme.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     30/10/2014


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    POÈME D’hier

    REGNARD

     

     

    1655 – 1709

     




    SUR LE MARIAGE

    En ce temps malheureux, ou tout le genre humain,
    La flamme et le fer a la main,
    Ne travaille qu’à se défaire,
    On ne saurait trop honorer
    Ceux qui, d’humeur plus débonnaire,
    Ne cherchent qu’à le réparer

    L’hymen pour repeupler la terre,.
    Au lieu d’un vain honneur que vous offre la guerre,
    Vous donnera de vrais plaisirs.
    On ne trouvera point votre nom dans l’histoire :
    Mais vivre au gré de ses désirs
    Vaut bien mieux qu’une mort avec un peu de gloire.

    ^pour être heureux époux, soyez toujours amant,
    Que, bien plus que le sacrement,
    L’amour à jamais vous unisse ;
    Et pour faire durer le plaisir entre vous,
    Que se soit l’amant qui jouisse
    De tout ce qu’on doit a l’époux.

    Pour vivre sans débat dans votre domestique,
    Vous n’avez qu’un moyen unique ;
    Et je vais vous le découvrir.
    Ne vous entêtez point d’être chez vous le maître :
    Mais si l’on veut bien le souffrir
    Contentez vous de le paraître.

    Quoi qu’on vous vienne débiter,
    Que rien ne vous fasse douter
    Que votre épouse est toujours sage ;
    Car, sans cet article de foi,
    Qu’on doit croire toujours, et souvent malgré soi,
    Point de salut en mariage.

    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975


    collection personnelle
    J-G-R-C








    09/04/2013  

      

     


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    POÈME D’hier

     

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’INVITATION

     

    AU VOYAGE

     

     

     

     

     

    Mon enfant, ma sœur,

    Songe à la douceur

    D’aller là bas vivre ensemble !

    Aimer à loisir,

    Aimer et mourir

    Au pays qui te ressemble !

    Les soleils mouillés

    De ces ciels brouillés

    Pour mon esprit ont les charmes

    Si mystérieux

    De tes traîtres yeux,

    Brillant à travers leurs larmes.

     

    Là, tout n’est qu’un ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Des meubles luisants,

    Polis par les ans,

    Décoreraient notre chambre ;

    Les plus rares fleurs

    Mêlant leurs odeurs

    Aux vagues senteurs de l’ambre,

    Les riches plafonds,

    Les miroirs profonds,

    La splendeur orientale,

    Tout y parlerait

    A l’âme en secret

    La douce langue natale.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

    Vois sur ces canaux

    Dormir ces vaisseaux

    Dont l’humeur est vagabonde :

    C’est pour assouvir

    Ton moindre désir

    Qu’ils viennent du bout du monde.

     

    Les soleils couchants

    Revêtent les champs,

    Les canaux, la ville entière,

    D’hyacinthe et d’or ;

    Le monde s’endort

    Dans une chaude lumière.

     

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

     


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    POÈME  D’hier

     

    BAUDELAIRE Charles

     

     

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LE LETHE

     

     

     

     

    Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,

    Tigre adoré, monstre aux airs indolents ;

    Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants

    Dans l’épaisseur de ta crinière lourde :

     

     

    Dans tes jupons remplis de ton parfum

    Ensevelir ma tête endolorie,

    Et respirer, comme une fleur flétrie,

    Le doux relent de mon amour défunt.

     

     

    Je veux dormir ! Dormir plutôt que vivre !

    Dans un sommeil aussi doux que la mort,

    J’étalerai mes baisers sans remords

    Sur ton beau corps poli comme le cuivre.

     

     

    Pour engloutir mes sanglots apaisés

    Rien ne vaut l’abîme de ta couche ;

    L’oubli puissant habite sur ta bouche,

    Et le Léthé coule dans tes baisers.

     

     

    A mon destin, désormais mon délice,

    J’obéirai comme un prédestiné ;

    Martyre docile, innocent condamné,

    Dont la ferveur attise le supplice.

     

     

    Je sucerai, pour noyer ma rancœur,

    Le népenthès et la bonne ciguë

    Aux bouts charmants de cette gorge aiguë,

    Qui n’a jamais emprisonné de cœur.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     

    25/09/2013


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