• POÈME D’hier











    Hortense de





    VILLEDIEU





    1632 – 1683



























    JOUISSANCE





















    Aujourd'hui dans tes bras j'ai demeuré pâmée,





    Aujourd'hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur





    Triomphe impunément de toute ma pudeur

     



    Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.







    Ta flamme et ton respect m'ont enfin désarmée;

     

     

    Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur



     

    Et je ne connais plus de vertu ni d'honneur



     

    Puisque j'aime Tirsis et que j'en suis aimée.







    O vous faibles esprits, qui ne connaissez pas



     

    Les plaisirs les plus doux que l'on goûte ici bas,



     

    Apprenez les transports dont mon âme est ravie !



     

    Une douce langueur m’ôte le sentiment,



     

    Je meurs entre les bras de mon infidèle amant,



     

    Et c'est dans cette mort que je trouve la vie.



















    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-


















     




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    CHÂTEAU  D'USSE  37           D      12/02/2019  ----  4/8



     

     

     







    POÈME D’hier











    MOLIERE









    1622 - 1673



     

     

    STANCES





    GALANTES















    Souffrez qu'Amour cette nuit vous réveille;

    Par mes soupirs laissez vous enflammer;

    Vous dormez trop adorable merveille,

    Car c'est dormir que de ne point aimer.



    Ne craignez rien; dans l'amoureux empire

    Le mal n'est pas si grand que l'on le fait,

    Et lorsque l'on aime et que le cœur soupire,

    Son propre mal souvent le satisfait.



    Le mal d'aimer c'est de vouloir le taire:

    Pour l'éviter, parlez en ma faveur.

    Amour le veut, n'en faites point mystère.

    Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur!



    Peut on souffrir une plus douce peine?

    Peut on subir une plus douce loi?

    Qu'étant des cœurs la douce souveraine,

    Dessus le votre amour agisse en roi;



    Rendez vous donc, o divine Amarante!

    Soumettez vous aux volontés d'Amour,

    Aimez pendant que vous etes charmante,

    Car le temps passe et n'a point de retour.







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-











     

     

     



     

     

     


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  • POÈME D’hier















    ANONYME





    Chanson



    Du XVIII e siècle











    La belle



     est au jardin 



    d'amour



























    La belle est au jardin d'amour,

    Voilà un mois ou six semaines.

    Son père la cherche partout,

    Et son amant qu'est bien en peine:







    Faut demander à ce berger

    S'il l'a pas vue dedans la plaine:

     « Berger, berger, n'as tu point vu

    Passer ici la beauté même?







    - Comment donc est elle vêtue,

    Est ce de soie ou bien de laine?

    Elle est vêtue de satin blanc.

    Dont la doublure est de futaine:







    - Elle est là bas,dans ce vallon,

    Assise au bord d'une fontaine:

    Entre ses mains tient un oison,

    La belle lui confie ses peines.













    - Petit oison, tu es heureux,

    D’être entre les mains de la Belle!

    Et moi, qui suis amoureux,

    Je ne puis pas m'approcher d'elle.







    Faut il être auprès du ruisseau,

    Sans pouvoir boire à la fontaine?

    - Buvez, mon cher amant, buvez,

    Car cette eau là est souveraine.







    Faut il être auprès du rosier

    Sans pouvoir cueillir la rose?

    - Cueillissez la, si vous voulez,

    Car c'est pour vous qu'elle est éclose. »











    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-









     




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    POÈME D’hier







    Philippe

     

    DESPORTES









    1546 - 1606



    LES AMOURS

     

    DE DIANE















     

    Marchands, qui recherchez tout le rivage More

    Du froid septentrion et qui, sans reposer,

    A cent mille dangers vous allez exposer

    Pour un gain incertain, qui vos esprits dévore.



    Venez seulement voir la beauté que j'adore,

    Et par quelle richesse elle a su m'attiser:

    Et je suis sur qu'après vous ne pourrez priser

    Le plus rare trésor dont l'Afrique se dore.



    O vous qui, pleurant sur vos chaînes,

    Sans espoir servez sous ses lois,

    Pour attendrir vos inhumaines,

    Tachez de les conduire aux bois!



    Voyez les filets d'or de ce chef blondissant,

    L'éclat de ces rubis, ce corail rougissant,

    Ce cristal, cette ébène et ces grâces divines,



    Cet argent, cet ivoire; et ne vous contentez

    Qu'on ne vous montre encor mille autres raretés,

    Mille beaux diamants et mille perles fines.





    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-








     

     

     

     

    Philippe DESPORTES:     Les amours de Diane              D    25/01/2019

     

     

     


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    Eglise  Saint  REMI    4/4    CAMARET  29     D    19/01/2019

     

     

     

    Comtesse de NOAILLES:         Le baiser                   D    19/01/2019

     

     

     

     







    POÈME D’hier







    Comtesse de



    NOAILLES









    1876 - 1933

     

     



     

    LE BAISER















    Couple fervent et doux, o troupe printanière!

    Aimé au gré des jours.

    - Tout l'ombre, la chanson, le parfum,la lumière

    Noue et dénoue l'amour.



    Épuisez, cependant que vous êtes fidèles,

    La chaude déraison,

    Vous ne garderez pas vos amours éternelles

    Jusqu'à l'autre saison.



    Le vent qui vient mêler ou disjoindre les branches

    A de moins brusques bonds

    Qu le désir qui fait que des êtres se penchent

    L'un vers l'autre et s'en vont.



    Les frôlements légers des eaux et de la terre,

    Les blés qui vont mûrir,

    La douleur et la mort sont moins involontaires

    Que le choix du désir.



    Joyeux, dans les jardins ou l'été vert s'étale

    Vous passez en riant,

    Mais les doigts enlacés, ainsi que des pétales

    Iront se défeuillant.



    Les yeux sont dont les regards dansent comme une abeille

    Et tissent des rayons,

    Ne se transmettront plus, d'une ferveur pareille,

    Le miel et l'aiguillon,





    Les cœurs ne prendront plus, comme deux tourterelles,

    L'harmonieux essor,

    Vos âmes, âprement, vont s'apaiser entre elles,

    C'est l'amour et la mort...









    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-









     

     

     


     

    Le monde des coquillages de mer   1/4  26/29    LE DIAMANT MARTINIQUE       D    21/01/2019

     

     

     

     


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  • POÈME D’hier











    Marguerite de





    VALOIS











    [la reine MARGOT]











    1553 – 1615





















    STANCES





    AMOUREUX

















    Nos deux corps sont en toi, je ne sers plus que d'ombre;



    Nos amis sont à toi, je ne sers que de nombre.



    Las; puisque tu es tout et que je ne suis rien,



    Je n'ai rien, ne t'ayant ou j'ai tout au contraire.



    Avoir et tout et rien, comment se peut il faire?



    C'est que j'ai tous les maux et je n'ai point de bien.













    J'ai un ciel de désir, un monde de tristesse,



    Un univers de maux, mille feux de détresse,



    Un Etna de sanglots et une mer de pleurs.



    J'ai mille jours d'ennuis, mille nuits de disgrâce,



    Un printemps d'espérance et un hiver de glace;



    De soupirs un automne, un été de chaleurs.

     









    Clair soleil de mes yeux, si je n'ai ta lumière,



    Une aveugle nuée ennuite ma paupière,



    Une pluie de pleurs découle de mes yeux.



    Les clairs éclairs d'Amour, les éclats de sa foudre,



    Entre fendent mes nuits et m'écrasent en poudre:



    Quand j'entonne mes cris, lors j'étonne les cieux. 









     

    Belle âme de mon corps, bel esprit de mon âme,



    Flamme de mon esprit et chaleur de ma flamme,



    J'envie à tous les vifs, j'envie à tous les morts.



    Ma vie, si tu vis, ne peut être ravie,



    Vu que ta vie est plus la vie de ma vie,



    Que ma vie n'est pas la vie de mon corps!











    Je vis par et pour toi, ainsi que pour moi même:



    Je vis par et pour moi, ainsi que pour moi même:



    Nous n'aurons qu'une vie et n'aurons qu'un trépas.



    Je ne veux pas ta mort, je désire la mienne.



    Mais ma mort est ta mort et ma vie est la tienne:



    Ainsi je veux mourir, et je ne le veux pas!...













    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-























     



     

     

     

     




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  • POÈME D’hier









     

     

     

    VERHAEREN



    Emile





     

     

     

    1855 - 1916

     

     

     

     

    ET QU'IMPORTENT

     

     

     

    ET LES POURQUOI

     

     

     

    ET LES RAISONS















    Et qu'importent et les pourquoi et les raisons

    Et qui nous fumes et qui nous sommes:

    Tout doute est mort, en ce jardin de floraisons

    Qui s'ouvre en nous et hors de nous,

                                              si loin des hommes.





    Je ne raisonne pas, et ne veux pas savoir

    Et rien ne troublera ce qui n'est que mystère

    Et qu'élans doux et que ferveur involontaire

    Et que tranquille essor vers nos parvis d'espoir.





    Je te sens claire, avant de te comprendre telle;

    Et c'est ma joie, infiniment,

    De m'éprouver si doucement aimant

    Sans demander pourquoi ta voix m'appelle.





    Soyons simples et bons – et que le jour

    Nous soit tendresse et lumière servies,

    Et laissons dire que la vie

    N'est point faite pour un pareil amour.











    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-









     




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    POÈME D’hier

     

     

    Hélène VACARESCO

     

     

    1866 – 1947

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’ECRITURE

     

     

     

     

     

    Dans la douce et fière nature

    Tout me charme, tout a du prix :

    Aussi j’aime ton écriture

    Autant que ce que tu m’écris.

     

     

    Elle est hautaine, elle est virile,

    Fine, élégante, et l’on croirait

    Qu’un peu de ta grâce fébrile

    Y mêle son furtif attrait.

     

     

    Rien qu’a la voir, mon cœur en elle

    Retrouve ce qu’il aime en toi,

    Et chaque lettre me rappelle

    Quelque intime et profond émoi.

     

     

    De tes pensées, de ton sourire,

    Ta plume prend le coloris ;

    Les mots les plus tristes à lire

    Me sont doux quand tu les écris.

     

     

    Un mot de toi me fait renaître,

    Et je pourrais sur mon chemin

    Croire au mot de bonheur, peut être,

    S’il était écrit de ta main.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

    CE JOUR LA NOEL:       D   24/12/2018

     

    CE JOUR LA NOEL:       D   24/12/2018

     

     D  12-12-2016


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    Comtesse  de  NOAILLES          L'enfant  Éros            D    20/12/2018

     

     

     

     

     



















    POÈME D’hier











    Comtesse de





    NOAILLES





    1876 – 1933





















    L'ENFANT



    EROS

















    Enfant Éros qui joues à l'ombre des surgeons



    Et bois aux sources claires,



    Toi qui nourris, ainsi qu'un couple de pigeons,



    L'amour et la colère,







     

    Passe sans t’arrêter au seuil de ma maison,



    N'entre pas cette année :



    Mon âme des amours qu'elle eut l'autre saison



    Est encore étonnée :









    Car tu mèles au miel des baisers appuyés



    Sur les lèvres jalouses,



    La haine amère ainsi que le fruit du sorbier,



    La haine acide et rouge...



























    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-

























     

     

    NOEL:  DÉCO        D  19/12/2018

     

     




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    LES PENSÉES DE LA SEMAINE            D    15/12/2018

     

     

     

     

     

     

     

    Pierre  MOTIN        Doux antre       D   13/12/2018

     

     

     

     

     

     



     

     

     

     





    POÈME D’hier





    Pierre



    MOTIN









    1615



     

     

     

    DOUX ANTRE















    Doux antre où mon âme guidée

    Met son désir audacieux,

    Clos à mes mains, clos à mes yeux,

    Et découvert à mon idée:





    Tertre qu'un lis doré abouche,

    De qui le dessous enflamé

    Ressemble un œillet my fermé,

    Alors que le soleil se couche.





    Brun séjour et secret d'arcade,

    Au fond de vermeil éclatant,

    Et qui va le marbre imitant,

    Et le dessous d'une grenade:





    Beau crespe qui dessous blondoye,

    Le plus fin qu'on puisse trouver,

    Amour luy mesme en fit le ver.

    Et luy mesme en fila la soye;





    Toison d'or, d'amour enseignée

    Où mon désir est arrêté

    Ainsi qu'une mouche en été

    Dans les filets d'une araignée.





    Petit gazon fait d'une rose

    Gros comme un coing en sa couleur,

    Ne laisse pas sécher la fleur

    A faute qu'aucun ne l'arrose.









    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-











     

     

     

     

    Pierre  MOTIN        Doux antre       D   13/12/218

     

     

     

     

     

     

     

     


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