• POÈME D’hier









    VERHAEREN









    1855 - 1916

     

     

     

    TRUANDAILLES















    Dites! Jadis, ripaillait on

    Dans les bouges et dans les fermes.

    Le gars avaient les reins plus fermes,

    Et les garces plus beau téton.



    Alors, en de longues tablées,

    Autour des mets grossiers, mais bons,

    Autour des lards et des jambons,

    Et des mangeailles rassemblées,



    De grands buveurs compacts et forts

    Riaient, chantaient, gueulaient à boire,

    Bâfraient à casser leur mâchoire,

    Hurlaient à réveiller les morts.



    Chacun avait, à droite, à gauche,

    Chair de femelle à savourer,

    Chair grasse, prête à se cabrer

    En des ruades de débauche.



    Chacu avait là deux brasiers,

    Deux yeux allumés, deux prunelles,

    Bûchers de voluptés charnelles,

    Ou rotir des amours entiers.



    Deux seins tout frais, tout ronds, tout rouges,

    Frais et clairs à mordre dedans,

    Ales marquer d'un coup de dents;

    Deux seins appétissants de gouges,



    Bombant le haut des tabliers,

    Et ressemblant aux pommes mures,

    Qu'on voit grossir dans les ramures

    Gigantesques des espaliers.



    Toutes ces garces en folies

    Sablaient aussi des brocs de vin,

    Et comme leurs gars, ventre plein,

    Menton poissé, jupe salie,



    Ralaient en proie au rut fiévreux

    Dans un emmêlement farouche,

    Criaient, juraient à pleine bouche,

    Et pour leurs mâles amoureux



    Se battaient,tombaient pêle mêle,

    Parmi, les tables, dans les coins,

    Ruaient des pieds, tapaient des poings,

    Roulaient dans une ivresse telle,



    Qu'on eut dit entendre le bruit

    D'une lutte à mort dans les bermes,

    Et que les chiens veilleurs des fermes

    Pleuraient d'effroi toute la nuit.















    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-





     

     

     

     

     

    INFO...  D-O-M

     

     

     

     

     





     

     

     

     

     

     

    VACANCES  CHINON     2/2  location    D     05/12/2018

     

     

     

     

     

     


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  •  

     

     

     

     



















    POÈME D’hier





    Emile

     

    VERHAEREN



    1855 – 1916













    SI LE SORT

     

     

     

    NOUS SAUVA...















    Si le sort nous sauva des banales erreurs

    Et du mensonge vil et de la triste feinte,

    C'est que toujours nous révolta toute contrainte

    Dont le joug eut ployé notre double ferveur.







    Tu marchas libre et franche et claire sur la route,

    Mêlant aux fleurs d'amour les fleurs de volonté,

    Et redressant vers toi doucement sa fierté

    Quand mon front s'inclinait vers la crainte ou le doute.





    Et toujours tu fus bonne et de geste ingénu,

    Sachant qu'elle était tienne à tout jamais mon âme;

    Car si j'aimai -- le sais je encore? --quelque autre femme

    C'est toujours vers ton cœur que je suis revenu.





    Tes yeux étaient si purs alors parmi leurs larmes

    Que mon être se réveillait sincère et vrai,

    Et je te répétais les mots doux et sacrés,

    Et la tristesse et le pardon était les armes.





     Et j'en dormais le soir mon front sur tes seins clairs,

    Heureux d’être rentré des lointains faux et blêmes,

    Dans le doux renouveau qui régnait en nous mêmes,

    Et je restait captif entre tes bras ouverts.







    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-























    Emile  VERHAEREN:          Si le sort nous sauva...      D    29/11/2018

     




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  • POÈME D’hier









    VERLAINE









    1844 - 1896

     

     

    A la princesse



    ROUKINE















    C'est une laide boucher

    Sans poudre dans sa chevelure

    Follement blonde et d'une allure

    Vénuste à tous nous débaucher.



    Mais je la crois mienne entre tous,

    Cette crinière tant baisée,

    Cette cascade embrasée

    Qui m'allume par tous les bouts.





    Elle est à moi bien plus encor,

    Comme une flamboyante enceinte

    Aux entours de la porte sainte,

    L'alme, la dive toison d'or!



    Et qui pourrait dire ce corps

    Sinon moi, son chantre et son prêtre,

    Et son esclave humble et son maître

    Qui s'en damnerait sans remords,



    Son cher corps rare, harmonieux,

    Suave, blanc comme une rose

    Blanche, blanc de lait pur, et rose

    Comme un lis sous de pourpres cieux?



    Cuisses belles, seins redressants,

    Le dos, les reins, le ventre, fête

    Pour les yeux et les mains en quête

    Et pour la bouche et tous les sens?



    Mignonne, allons voir si ton lit

    A toujours sous le rideau rouge

    L'oreiller sorcier qui tant bouge

    Et les draps fous. O vers ton lit!







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-











     

     

     

    Musée de l'école rurale en BRETAGNE 3/4 - 19/20  TREGARVAN 29       D    22/11/2018

     

     

     

     

    VERLAINE:      a la princesse Roukine           D   22/11/2018

     

     

     

      

     


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  • Victor  HUGO              Chloé nue       D   15/11/2018









    POÈME D’hier





    Victor



    HUGO









    1802 - 1885







    CHLOE NUE...















    Chloé nue, éblouit la foret doucement;

    Elle rit, l'innocence étant un vêtement;

    Elle est nue, et s'y plaît: elle est belle et l’ignore.

    Elle ressemble à tous les songes qu'on adore:





    Le lys la regarde et n'a point l'air fâché:

    La nuit croit voir Vénus, l'aube croit voir Psyché.

    Le printemps est un tendre et farouche mystère;

    On sent flatter dans l'air la faute involontaire

    Qui se pose, aux doux bruit du vent et du ruisseau,

    Dans les âmes ainsi que dans les bois l'oiseau.

    Sève! Hymen! Le printemps vient, et prend la nature

    Par surprise, et, divin, apporte l'aventure

    De l'amour aux forets, aux fleurs, aux cœurs,

    Aimez.

    Dans la source apparaît la nymphe aux doigts palmés,

    Dans l'arbre la dryade et dans l'homme la faune;

    Le baiser envolé fait aux bouches l’aumône.









    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-









     

     

     

     

    VACANCES: 2013 PRAZ SUR ARLY 74 LES LINDARETS 2/2   R    14/11/2018

     

     

     

     


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  • POÈME D’hier







    RACINE









    1639 - 1699



    BERENICE

     

     

     

    ABANDONNEE















    Eh bien! Régnez, cruel; contentez votre gloire:

    Je ne dispute plus. J'attendais, pour vous croire,

    Que cette même bouche, après mille serments

    D'un amour qui devait unir tous nos moments,

    Cette bouche, à mes yeux s'avouant infidèle,

    M'ordonnait elle même une absence éternelle.

    Moi même j'ai voulu vous entendre en ce lieu.

    Je n'écoute plus rien: et, pour jamais, adieu...

    Pour jamais! Ah, seigneur! Songez vous en vous même

    Combien ce mot cruel est affreux quant on aime?

    Dans un mois, dans un an, comment souffrirons nous,

    Seigneur, que tant de mers me séparent de vous;

    Que le jour recommence, et que le jour finisse,

    Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,

    Sans que de tout le jour, je puisse voir Titus?

    Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !

    L'ingrat, de mon départ consolé par avance,

    Daignera t il compter les jours de mon absence?

    Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-












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  • POÈME D’hier





    Tristan

     

    L'HERMITE



    1601 – 1655













    L'EXTASE

     

     

    D'UN BAISER















    Au point que j'expirais, tu m'as rendu le jour

    Baiser, dont jusqu'au cœur le sentiment me touche,

    Enfant délicieux de la plus belle bouche

    Qui jamais prononça les oracles d'amour.





    Mais tout mon sang s'altère, une brûlante fièvre

    Me ravit la couleur et m’ôte la raison;

    Cieux! J'ai pris à la fois sur cette lèvre

    D'un céleste nectar et d'un mortel poison.





    Ah! mon âme s'envole en ce transport de joie!

    Ce gage de salut, dans la tombe m'envoie;

    C'est fait! Je n'en puis plus, Élise, je me meurs.





    Ce baiser est un sceau par qui ma vie est close:

    Et comment on peut trouver un serpent sous des fleurs ,

    J'ai rencontré ma mort sur un bouton de rose.







    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-

























    Tristan  L'HERMITE:   L'extase d'un baiser         D    01/11/2018

     




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  • POÈME D’hier





    Philippe

     

    DESPORTES



    1546 – 1606











    VILLANELLE















    Rosette, pour un peu d'absence,

    Votre cœur vous avez changé,

    Et moi, sachant cette inconstance,

    Le mien autre part j'ai rangé;

    Jamais plus beauté si légère

    Sur moi tant de pouvoir n'aura:

    Nous verrons, volage bergère,

    Qui premier s'en repentira.



    Tandis qu'en pleurs je me consume,

    Maudissant cette éloignement,

    Vous, qui n'aimez que par coutume,

    Caressiez un nouvel amant.

    Jamais légère girouette

    Au vent si tôt ne se vira;

    Nous verrons , bergère Rosette,

    Qui premier s'en repentira.



    Ou sont tant de promesses saintes,

    Tant de pleurs versés en partant?

    Est il vrai que ces tristes plaintes

    Sortissent d'un cœur inconstant?

    Dieux, que vous êtes mensongères!

    Maudit qui soit qui plus vous croira!

    Nous verrons, volage bergère,

    Qui premier s'en repentira.



    Celui qui à gagné ma place,

    Ne vous peut aimer tant que moi;

    Et celle que j'aime vous passe

    De beauté, d'amour et de foi.

    Garder bien votre amitié neuve;

    La mienne plus ne vari(e)ra,

    Et puis nous verrons à l'épreuve

    Qui premier s'en repentira.





















    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975







    J-G-R-C-













    CITATIONS        D   27/10/2018






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  • POÈME D’hier







    Jean



    BERTAUT









    1552 - 1611



    Sonnet















    Il est temps, ma belle âme, il est temps qu'on finisse

    Le mal dont vos beaux yeux m'ont quatre ans tourmenté,

    Soit rendant mon désir doucement contenté,

    Soit de ma vie un cruel sacrifice.



    Vous tenez en vos mains ma grâce et mon supplice,

    Jugez lequel des deux mon cœur a mérité:

    Car ma fidèle amour ou ma témérité:

    Veut qu'on me récompense ou bien qu'on me punisse.



    Mais si vous ne portez un cœur de diamant,

    Vous ne punirez point un misérable amant,

    De vous avoir été si longuement fidèle:



    Vu même que son mal vous doit être imputé.

    Car enfin, puis qu’Amour est fils de la beauté,

    Si c'est péché qu'aimer, c'est malheur qu’être belle.







    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-












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  • POÈME D’hier











    Antoinette





    DESHOULIERES





    1638 – 1694





















    RONDEAU

















    Entre deux draps de toile belle et bonne,



    Que très souvent on rechange, on savonne



    La jeune Iris au cœur sincère et haut,



    Aux yeux brillants, à l'esprit sans défaut,



    Jusqu’à midi volontiers se mitonne.



    Je ne combats de goûts contre personne:



    Mais franchement sa paresse m'étonne;



    C'est demeurer seule plus qu'il ne faut

     

    Entre deux draps.









    Quand à rêver ainsi l'on s'abandonne,



    Le traitre amour rarement le pardonne;



    A soupirer on s'exerce bientôt ;



    Et la veru soutient un grand assaut,



    Quand une fille avec son cœur raisonne



    Entre deux draps.























    Diffusion François Beauval



    1ér trimestre 1975











    J-G-R-C-





























     




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  • POÈME D’hier





    Isaac de



    BENSERADE









    1612 - 1691



     

     

    BEAU SEIN DEJA



     

     

    PREQUE REMPLI!...















    Beau sein déjà presque rempli

    Ben qu'il ne commence qu'à poindre,

    Tétons qui ne font pas un pli

    Et qui n'ont garde de se joindre:





    De jeunesse ouvrage accompli,

    Que de fard il ne faut pas oindre;

    Si l'un est rond, dur et poli,

    L'autre l'égale et n'est pas moindre ;.





    Seins par qui les dieux sont tentés,

    Digne échantillon de beautés

    Que le jour n'a point regardées ;





    Il garantit ce qu'il promet,

    Et remplit toutes les idées

    Du paradis de Mahomet.





    Diffusion François BEAUVAL



    1ér trimestre 1975









    J-G-R-C-













     

     

    Isaac de BENSERADE                  Beau sein déjà presque rempli       D    04/10/2018

     

     

     


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